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Ken Loach, l’esprit de 45

Là-bas si j’y suis : Rencontre avec Ken Loach, à l’occasion de la sortie de son dernier film, « L’esprit de 45 ».

Hannah Arendt, réalisé par Margarethe von Trotta

Le film biographique se porte bien en ce début de XXIe siècle. L’époque, à l’évidence, y est favorable. Maîtrisé, bien documenté, intellectuellement honnête, Hannah Arendt s’en tire de manière honorable (...)

L’information sous contrôle. Médias et pouvoir économique en Belgique

Notes de lecture du livre éponyme de Geoffrey Geuens

"Hitchcock", un film traitant pour une bonne part de choses pas vraiment importantes

Les faits relatés dans le film sont pour l’essentiel des broutilles autour de la production de Psycho.

"No" un film réalisé par Pablo Larraín

Le scénario n’assume pas jusqu’au bout le cynisme de René et lui invente une histoire familiale et personnelle assez convenue, elle masque un phénomène de masse plus continu – le triomphe du (...)

Les statues meurent aussi, d’Alain Resnais & Chris Marker. Transcription de l’émission de France Culture

Comment se fait-il que l’art nègre est considéré comme de l’ethnographie et est donc au musée de l’homme et pas au musée du Louvre ? Après tout est-ce qu’il n’y a pas là, tout de même, une question que (...)

5 Caméras brisées (E. Burnat & G. Davidi) – Analyse

Dans 5 Caméras brisées, le regard et la représentation sont mis en scène comme le lieu même d’un conflit. Le film en devenir incarne l’acte de résistance : ce cinéma de l’urgence est un passage par (...)

5 Caméras brisées (E. Burnat & G. Davidi) – Entretien

Chronique intime d’un village situé à la frontière israélo-palestinienne, ce documentaire est notamment composé par les images filmées par Emad, simple paysan devenu coréalisateur du film. En (...)

Qu’est-ce que l’acte de création ? Par Gilles Deleuze (1987)

Un créateur, c’est pas un être qui travaille pour le plaisir. Un créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin.

Vers un cinéma social, Par Jean Vigo (1930)

Texte prononcé par Jean Vigo au Vieux-Colombier, le 14 juin 1930, lors de la seconde projection du film A propos de Nice.

Déclaration aux Intellectuels, par Fidel Castro (1961)

Fidel Castro : Quels sont les droits des écrivains et des artistes révolutionnaires ou non révolutionnaires ? A l’intérieur de la Révolution : tout ; contre la Révolution : aucun (...)

Fourest et les complotistes : posons les bonnes questions sur la manipulation de l’info

Après la diffusion sur France 5 du "Les obsédés du complot", 1er épisode de la série documentaire "Les réseaux de l’extrême" réalisés par Caroline Fourest, Pascal Boniface, directeur de l’Iris, l’analyse (...)

Entretien de Nanni Moretti, sur Habemus papam

Nanni Moretti : "J’ai toujours voulu laver le linge sale en public"

Jean-Louis Comolli : Eloge d’un cinéma pauvre, politique et populaire

Pour un cinéma pauvre, politique, populaire, qui croit réellement en l’intelligence de ses spectateurs…

A propos du dernier film de Steven Spielberg : “Lincoln”

Spielberg et Kushner ont échoué à créer un seul personnage Noir qui participe aux débats autour desquels tourne le film.


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Le Kerala, de Van der Keuken

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Le cinéaste hollandais poursuit son voyage contemplatif à travers le monde. Cette fois, I’Inde.

IL y a des fanatiques de Van der Keuken. Les autres s’endorment. Les images de ce cinéaste hollandais, qui est aussi photographe - c’est important -, sont autant de tableaux, de visions envoûtantes. Mouvement lent de la caméra qui s’écoule comme un fleuve sans remords ni fin. Les plans s’ajoutent aux plans, exigent une patience inusable, un regard tourné vers l’intérieur des choses, leur mystère et essence.

Voir un film de Johan Van der Keuken, c’est un peu comme s’installer devant un feu et regarder les flammes qui dansent. Une flamme, une autre, pareille, différente. Le regard, hypnotisé, suit le moindre méandre, le changement dans la fixité, l’évolution irisée de la lumière dans la végétation, le silence d’une barque sur l’eau, le frémissement d’un doigt dans une main-oiseau, les gestes minutieux, collectifs et rituels, on s’assoupit au milieu de la grâce du monde. A la télévision, si peu de récit est une provocation.

Les fanatiques de Van der Keuken peuvent parler des heures de la façon dont le cinéaste approche les êtres, la lumière, le mouvement. De sa conception du temps. Il n’est pas de festival documentaire important sans un film de Keuken. VDK comme disent les initiés, fait partie des grands documentaristes, avec une place à part. C’est un contemplatif Une sorte d’ethnologue qui regarde, regarde, regarde... La qualité de son approche fait que sa caméra, qui reste extérieure, réussit à éviter l’écueil du voyeurisme. Van der Keuken a le sens du sacré.

On a parlé de chef-d’œuvre avec l’Œil au-dessus du puits, tourné avec sa femme, Noskha Van der Lely, au sud de l’lnde, au Kerala, et montré au Cinéma du réel en 1989 (le Monde du 10 mars 1989). Un film sur les travaux et les jours, les cycles de la vie, la culture, la religion, l‘apprentissage des gestes, la valeur d’une civilisation. « A partir de I Love Dollar, écrit-il, le centre de mon attention s’est déplacé du simple besoin de changement à la résistance au changement, qui semble ancrée dans la structure même des sociétés humaines. L’éducation, préalable indispensable au changement, sert aussi à initier chaque nouvelle génération à une échelle de valeurs acquises et renforce la résistance à l’évolution. Ce paradoxe est au cœur même de mon dernier film. »

Van der Keuken n’est pas un révolté, il ne voit dans le monde que sa beauté. Il scrute avec fascination les corps qui dansent, se plient, s’étirent, les petits métiers de la rue, l’activité des villages, les volets roulants ornés de superbes peintures, le bric-à-brac des échoppes, le rituel de la prière, des ablutions. L’apprentissage. Familles pratiquant les arts martiaux, enfants qui chantent les versets sacrés, la tête manipulée à droite, à gauche, par le maître (extraordinaire séquence !).Gestes collectifs saisis dans leur quotidienneté et durée. En plans très cadrés.

L’oppression, la misère, ne semblent pas le déranger. S’il les rencontre (comment faire en Inde pour les éviter), il les fixe avec la même intensité. Image très dure des culs-de-jatte montrés sans gêne par le cinéaste : misérables petits tas compacts, réduits, vivants, sur les trottoirs. Van der Keuken filme comme on prend des photos. On prend, on part. Chaque image est unique, magique, traduit une volonté de mise en ordre du monde esthétique, sans conscience politique. (…) L’Inde de Van der Keuken est d’une beauté folle et saisissante, très loin des Nilita Vachani, Manjira Datta, Deepa Dhanraj, Sanjiv Shah, toute cette génération de documentaristes indiens indépendants qui veulent changer la société en en dénonçant les injustices (…).

CATHERINE HUMBLOT




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