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Rien ne nous est donné, un film sur l’action collective

La grève, qu’elle soit victorieuse ou non, constituait un moment vécu en commun. C’est aussi le fil conducteur du film : l’idée de l’action collective.

Collectif Ogawa : Notre caméra sera en première ligne pour recevoir les coups

Les documentaires épiques du collectif japonais Ogawa Productions, réuni autour du cinéaste Shinsuke Ogawa (1936-1992), sont peut-être les films les plus extraordinaires jamais tournés sur le combat (...)

Le Nutella et l’image des foules

Événement anticipable, l’ouverture des soldes fournit à la fois un sujet pittoresque par son action spectaculaire, une peinture sociale de la modernité et l’occasion d’une condamnation morale à peu de (...)

Henri Alekan, Chef opérateur de cinéma. Syndicaliste CGT. Socialiste et pacifiste. Résistant.

Henri Alekan fut sensible aux problèmes sociaux de sa profession et, en créant en 1932 le Groupement des assistants opérateurs, il jeta l’une des bases du Syndicat des techniciens de la production (...)

A propos du film "Septembre Chilien" : Tournage au Chili

Comment rendre compte par un film, tourné en quelques jours juste après le coup d’Etat du 11 septembre, des blessures, des deuils, des disparitions, des rumeurs, vécus par des centaines de milliers (...)

Vladímir Vissotsky et le zastoi

Sans doute, Vissotsky a représenté son peuple d’une manière véridique, et c’est pourquoi après sa mort il continue d’être le poète le plus apprécié et sa voix aguerrie continue encore de (...)

Le film The Square : entre idiots déclarés et vie réelle

L’excentricité se lasse d’elle même, elle a besoin d’un art au niveau de sa négligence intellectuelle, quelque chose qui ne provoque pas de conflit, des bouffons qui nettoient l’incommodité du (...)

L’Ambassade (film retrouvé) de Chris Marker, la déconstruction d’un récit

Comment raconter l’Histoire ? Comment reconstituer sans manipuler ? Peut-on échapper à des discours biaisés, faussés sur le passé ?

Les 5 meilleures apps de messagerie chiffrée

Afin de garde secret les conversations, il est possible de se tourner vers des applications de messagerie chiffrée. Le point avec une sélection des meilleures d’entre (...)

Dérive morale du FIPA - Festival international de programmation audiovisuelle

Ce serait, à mon avis, un acte de dignité de refuser de participer à cette opération de propagande politique. Je les invite donc à retirer leurs films sélectionnés à ce FIPA 2018 et de se retirer du (...)

Gilles Deleuze : Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses

Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes.

Andreï Tarkovski : Pour être libre

Je suis convaincu que si un artiste parvient à réaliser quelque chose, c’est qu’en réalité il vient combler un besoin qui existe chez les autres, même si ceux-ci n’en sont pas conscients sur le (...)

Le Mal et l’enfant sauveur. Du Seigneur des Anneaux à Harry Potter

Comme pour nous préparer à l’éventualité du conflit, nous y voyons le « Bien » forcé, à contrecœur, de combattre les « armées du Mal »...

Wim Wenders : La Logique des images

Une fois que le langage du cinéma a été mis au point, il a pris son autonomie et il a quitté le terrain d’où il venait — à savoir la définition effective de la réalité, la présentation de l’extérieur dans (...)

Andrzej Wajda : Le découpage, hier et aujourd’hui

Au cours des années 1950, celles de ma jeunesse, l’équipe du film fêtait le centième clap. Personne ne s’aperçoit aujourd’hui que l’on a dépassé le cinq centième. La quantité des prises s’est énormément (...)


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Pour un art révolutionnaire indépendant

C’est lors de son séjour au Mexique en 1938 qu’André Breton rencontra Léon Trotsky sur la demande de ce dernier. Le président d’alors, Lazaro Cardenas, avait accordé l’asile politique à Léon et Sedova Trotsky. Diégo Rivera reçut André Breton et Jacqueline Lamba, sa compagne, à la Maison Bleue de Frida Kahlo à Coyocan là où résidait le couple Trotsky.

De nombreuses rencontres eurent lieu entre les deux hommes ; Breton vouait une très grande admiration à Trotsky. Ce dernier, quant à lui, considérait avec réserve, voire une certaine méfiance le surréalisme auquel il opposait le réalisme tel que l’entendait Zola. Malgré des incompréhensions, des divergences, des périodes de tensions, ils trouvèrent un terrain d’entente afin que l’art et la poésie participent à la lutte émancipatrice tout en conservant leur liberté dans leur démarche propre. Trotsky proposa à Breton de rédiger un texte en ce sens. Cela donna naissance au manifeste « Pour un art révolutionnaire indépendant » relu, et, à certains endroits, corrigé par Trotsky. Mais l’intégralité du manifeste est de la main de Breton. Pour des raisons tactiques et de sécurités, le manifeste a été signé André Breton et Diégo Rivera. Dans la foulée fut fondée la F.I.A.R.I (Fédération Internationale pour un Art Révolutionnaire Indépendant).

Ce texte fondateur pour la pensée à la fois révolutionnaire et artistique est, bien entendu, à replacer dans son contexte historique et son époque. Même si certains passages peuvent apparaître sous l’éclairage d’aujourd’hui « de peu de circonstance », il reste néanmoins pertinent face au paysage intellectuel et artistique de notre temps. Là où l’artiste n’est plus qu’un produit de consommation dont la valeur s’évalue au chiffre de vente ; là où l’artiste ne s’engage que sous la garantie de la préservation de son image, ce manifeste garde toute sa force devant la classe artistique sans oublier celle de la politique qui jongle allégrement avec la perfidie du système qu’elle entretient lamentablement.

Fabrice PASCAUD
Source de l’article : arcane17

Texte intégral en PDF :

Texte lu par André Dussollier


BRETON TROTSKY par intelligeremundum


« Pour un art révolutionnaire indépendant »

Ce manifeste, fruit de la collaboration d’André Breton, de Diego Rivera et, probablement, de Léon Trotski (alors l’hôte du peintre), qui choisira, semble-t-il pour des raisons stratégiques, de ne pas le signer, a été publié à Mexico le 25 juillet 1938 sous forme de tract. En voici un extrait.
par André Breton & Diego Rivera

L’art ne peut consentir sans déchéance à se plier à aucune directive étrangère et à venir docilement remplir les cadres que certains croient pouvoir lui assigner, à des fins pragmatiques extrêmement courtes. Mieux vaut se fier au don de préfiguration qui est l’apanage de tout artiste authentique, qui implique un commencement de résolution (virtuelle) des contradictions les plus graves de son époque et oriente la pensée de ses contemporains vers l’urgence de l’établissement d’un ordre nouveau.

L’idée que le jeune Marx s’était faite du rôle de l’écrivain exige, de nos jours, un rappel vigoureux. Il est clair que cette idée doit être étendue, sur le plan artistique et scientifique, aux diverses catégories de producteurs et de chercheurs. « L’écrivain, dit-il, doit naturellement gagner de l’argent pour pouvoir vivre et écrire, mais il ne doit en aucun cas vivre et écrire pour gagner de l’argent... L’écrivain ne considère aucunement ses travaux comme un moyen. Ils sont des buts en soi. »

Il est plus que jamais de circonstance de brandir cette déclaration contre ceux qui prétendent assujettir l’activité intellectuelle à des fins extérieures à elle-même et, au mépris de toutes les déterminations historiques qui lui sont propres, régenter, en fonction de prétendues raisons d’Etat, les thèmes de l’art. Le libre choix de ces thèmes et la non-restriction absolue en ce qui concerne le champ de son exploration constituent pour l’artiste un bien qu’il est en droit de revendiquer comme inaliénable. En matière de création artistique, il importe essentiellement que l’imagination échappe à toute contrainte, ne se laisse sous aucun prétexte imposer de filière. A ceux qui nous presseraient, que ce soit pour aujourd’hui ou pour demain, de consentir à ce que l’art soit soumis à une discipline que nous tenons pour radicalement incompatible avec ses moyens, nous opposons un refus sans appel et notre volonté délibérée de nous en tenir à la formule : toute licence en art.

Nous reconnaissons, bien entendu, à l’Etat révolutionnaire le droit de se défendre contre la réaction bourgeoise agressive, même lorsqu’elle se couvre du drapeau de la science ou de l’art. Mais entre ces mesures imposées et temporaires d’autodéfense révolutionnaire et la prétention d’exercer un commandement sur la création intellectuelle de la société il y a un abîme : si, pour le développement des forces productives matérielles, la révolution est tenue d’ériger un régime socialiste de plan centralisé, pour la création intellectuelle elle doit dès le début même établir et assurer un régime anarchiste de liberté individuelle. (…)

De ce qui vient d’être dit il découle clairement qu’en défendant la liberté de la création, nous n’entendons aucunement justifier l’indifférentisme politique et qu’il est loin de notre pensée de vouloir ressusciter un soi-disant art « pur » qui d’ordinaire sert les buts plus qu’impurs de la réaction. Non, nous avons une trop haute idée de la fonction de l’art pour lui refuser une influence sur le sort de la société. Nous estimons que la· tâche suprême de l’art à notre époque est de participer consciemment et activement à la préparation de la révolution. Cependant, l’artiste ne peut servir la lutte émancipatrice que s’il s’est pénétré subjectivement de son contenu social et individuel, que s’il en a fait passer le sens et le drame dans ses nerfs et que s’il cherche librement à donner une incarnation artistique à son monde intérieur.

André Breton & Diego Rivera
Source : mondediplomatique



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