Articles

Ce qui arrive à Assange devrait terrifier la presse

Le silence sur le traitement d’Assange n’est pas seulement une trahison à son égard, mais une trahison de la liberté de la presse elle-même. Nous paierons cher cette (...)

Dont shoot ! Exposition collective sur la répression de la liberté d’expression

Peut-on encore filmer ou photographier la police sans se faire arrêter ? Nos droits fondamentaux sont-ils en danger ? Des images, des témoignages et des réflexions sur notre liberté d’expression (...)

Lettre d’un poilu à sa femme

La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempérer.

Colombie : quel était l’objectif des accords de paix ?

Deux ans après la signature des accords de paix, entre le gouvernement et la guérilla FARC-EP, 600 prisonniers politiques amnistiés sont toujours enfermés dans les prisons colombiennes et plus de 80 (...)

L’Afrique a une voix

Parce que ces guerres, ces misères et cette pauvreté sont intimement liées à l’exploitation des ressources de notre continent. On est dans le même bateau, mais vous ne vous rendez pas (...)

Brésil : La veille du Grand Jour

La patte reconnaissable de Steve Bannon, conseiller de campagne ultra-réactionnaire de Donald Trump, dont son équipe est installée au Brésil depuis plus d’un mois... est apparue d’une manière (...)

L’utilisation des Droits de l’Homme comme arme

Dans l’utilisation des Droits de l’Homme comme arme, la technique de « nommer et faire honte » est devenue une espèce de Kalachnikov.

Nouveau suicide à Vottem !

A Vottem depuis 2008, c’est le cinquième décès : trois suicides, et deux morts faute de soins appropriés. Rassemblement ce samedi 13 octobre à 15h au centre fermé de Vottem (...)

Perquisitions chez des hébergeurs/hébergeuses

Des ménages belges ont été ciblés comme s’ils étaient devenus les repaires de narcotrafiquants. Portes et serrures forcées, plaquages au sol, mandats d’amené, citoyens (...)

Ni oubli ni pardon pour Zak

Zak Kostopoulos, activiste LGBTQI+, séropositif et drag queen (Zackie Oh), a été assassiné dans le centre d’Athènes par des « citoyens indignés »* avec le concours de la police grecque. Ces faits ont été (...)

Venezuela, les répétitions font la vérité

Quel est le traitement médiatique de la situation vénézuélienne opéré dans les médias européens ? « Soixante-deux mille-quatre-cent répétitions font une vérité » Aldous Huxley, philosophe et écrivain (...)

Saillans : de l’utopie à l’expérimentation politique

En France, le petit village de Saillans, expérimente depuis 2014 une forme de démocratie participative. A quelques semaines des élections communales en Belgique, voici un retour sur une expérience (...)

Du journalisme en batterie

Joseph Kessel ? Ryszard Kapuscinski ? Albert Londres ? Loin des tribulations des grandes figures du journalisme, le quotidien d’un travailleur de la presse ressemble davantage à celui d’un ouvrier (...)

Lettre ouverte au ministre de la coopération au développement

La Belgique ne collaborerait plus avec le ministère palestinien de l’Enseignement, tant que les écoles palestiniennes porteraient des noms de « terroristes palestiniens (...)

Rêver sous le capitalisme, entretien avec Sophie Bruneau

Dans le documentaire Rêver sous le capitalisme, 12 personnes racontent un rêve et son interprétation en lien avec leur boulot. Un film saisissant, tant sur la forme que sur le (...)


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Bahar Kimyongür, depuis le parlement européen !

Communiqué sur mon retour au Parlement européen et en Turquie

Je remercie de tout cœur Mme Judith Sargentini et Fair Trials International de m’avoir invité à parler à cette tribune.

Ma présence ici met officiellement fin à 14 ans d’interdiction d’accès au Parlement décrété pour le même motif que mon signalement Interpol : une action de protestation pacifique menée ici-même le 28 novembre 2000 contre la présence du ministre turc des affaires étrangères de l’époque M. Ismail Cem.

Après ce simple chahut destiné à attirer l’attention internationale sur les prisonniers politiques turcs agonisant dans la plus longue grève de la faim de l’histoire, j’ai été refoulé de multiples fois aux portes de ce Parlement alors que j’accompagnais en tant que traducteur/interprète des délégations d’avocats et de représentants d’ONG turques.

Non, Interpol n’est pas seule à blâmer dans la criminalisation que j’ai eu à subir.

Mais je me réjouis de pouvoir revenir ici et remercie M. Pascal Heymans, chef d’unité de la sécurité qui m’a radié de la liste noire du Parlement européen.
L’action de protestation menée ici même m’a valu d’être accusé en Turquie de chef d’organisation terroriste et d’être à la merci d’une notice rouge d’Interpol lancée par un tribunal à Ankara.

Suite à l’émission de ce mandat d’arrêt international, j’ai été arrêté dans 3 pays différents.

Le 28 avril 2006, la police néerlandaise m’arrêta au bord d’une autoroute alors que je me rendais à Amsterdam pour la préparation d’un concert. Mon signalement Interpol m’a valu d’être incarcéré pendant 68 jours.

Le 17 juin 2013, la police espagnole m’arrêta en compagnie de ma famille à la cathédrale-mosquée de Cordoue alors que nous passions quelques jours de vacances. Cette fois, à cause d’Interpol, je fus privé de liberté pendant 5 jours.

Le 21 novembre 2013, la police italienne m’arrêta à l’aéroport Orio al Serio à Bergamo alors que je me rendais à une conférence sur la Syrie. A cause d’Interpol, je fus privé de liberté pendant 111 jours dont 12 jours en prison et 99 jours en assignation à résidence.

Interpol m’a ainsi en tout volé 184 jours de liberté. Cela fait au total plus de 6 mois de captivité.

Finalement, grâce à Fair Trials International et à la mobilisation internationale, Interpol m’a définitivement radié de ses fichiers le 22 août dernier.
Fort de ces victoires successives, le 9 septembre dernier, j’ai décidé de passer à l’offensive en demandant à mes juges turcs de pouvoir comparaître librement en Turquie afin de me défendre et d’obtenir un acquittement.

Le 24 octobre dernier, la 10e Cour d’assises d’Ankara a accepté ma requête. Elle m’a octroyé un sauf-conduit d’une durée de 3 mois qui prendra fin le 24 janvier prochain.

Ce vendredi 12 décembre, je suis donc attendu à mon procès à Ankara.
Comme annoncé dans mon dernier communiqué de presse, c’est aujourd’hui, depuis cette tribune, que je compte annoncer mon choix d’assister ou non à mon procès en Turquie.

Après mûre réflexion et consultation de mes amis, camarades et soutiens, je renonce provisoirement à mon projet de retour.

Il est en effet plus sage pour moi de ne pas offrir à mes tortionnaires ce qu’ils interprèteraient comme une capitulation.

D’autant que récemment encore, mes tortionnaires se sont servis de moi pour exercer une torture physique et mentale sur des activistes arrêtés à Istanbul.
Les policiers ont été jusqu’à exhiber des photos privées en disant aux jeunes militants qu’ils torturaient : « Pendant que vous en bavez, votre leader Kimyongür boit du vin dans des bars en Europe. »

On peut s’attendre à tout de la part d’une police qui en arrive à un tel degré de bassesse.

Qui se souvient encore du sort réservé le 16 novembre 1987 aux deux dirigeants communistes turcs Nabi Yagci et Nihat Sargin dès leur arrivée à l’aéroport d’Ankara après 7 années d’exil en Europe.

MM. Yagci et Sargin ont été arrêtés sur le tarmac malgré le fait qu’ils étaient accompagnés d’une impressionnante délégation de leaders politiques, de journalistes occidentaux et d’eurodéputés.

Les deux militants communistes seront ensuite torturés pendant 19 jours dans le « Derin Arastirmalar Laboratuvari » (DAL), le Laboratoire des recherches approfondies de la Sûreté turque à Ankara.

MM. Yagci et Sargin ne seront libérés que le 4 mai 1990, soit 900 jours après leur arrestation à l’aéroport d’Ankara.

Il y a également le cas emblématique et plus actuel de la sociologue turque Pinar Selek exilée en France.

La semaine dernière, la justice turque a lancé un mauvais signal dans l’affaire de cette sociologue turque, une affaire qui dure depuis 16 ans.

Ce vendredi 4 décembre, un procureur a en effet requis la perpétuité à l’encontre de Mme Selek poursuivie pour participation à un attentat à l’explosif en 1998. Le souci est que cet attentat n’a jamais existé.

D’après les rapports d’expertise, il ne s’agissait non pas d’un attentat mais d’un accident survenu suite à une fuite de gaz.

Dans les tribunaux turcs, on n’est jamais à l’abri de « preuves » fabriquées et de « témoins anonymes ».

Troisièmement, ce mardi 2 décembre, le Parlement turc a adopté un projet de loi du gouvernement qui renforce l’emprise de l’exécutif sur l’appareil judiciaire.

Cette nouvelle loi permettra au gouvernement d’évincer tous les magistrats non-alignés à la politique d’Erdogan.

En outre, des débats en commission parlementaire vont avoir lieu cette semaine à propos d’un projet de loi élargissant les pouvoirs de la police. Ce projet de loi permettra aux forces de sécurité de recourir à des armes à feux dans les manifestations.

Le climat politique en Turquie ne me permet ainsi ni de parvenir sain et sauf au tribunal d’Ankara ni de me défendre face à un tribunal impartial.

Aujourd’hui, la Turquie d’Erdogan est un Etat policier, un Etat toujours plus policier où la justice est toujours plus politisée, un Etat qui ne donne aucune chance à la liberté.

Merci de votre attention.

Bahar Kimyongür

Plus d’informations : www.leclea.be


Liens vidéo et presse écrite relatifs à la conférence au Parlement européen sur la répression en Europe et en Turquie.

Bahar Kimyongür au Parlement Européen

Le militant Bahar Kimyongür n’assistera pas à son procès en Turquie

La répression politique « exportée » en Europe via Interpol

Bahar Kimyongür n’assistera pas à son procès en Turquie



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