20 septembre 2017

Atelier photo : objectif amour

14h Bruxelles-J  : 4/1 rue Juliette Wytsman – 1050 Bruxelles

20 septembre 2017

Rassemblement : stop aux rafles des sans papiers

16h, Place Colignon, 1030 Schaerbeek, Belgique

21 septembre 2017

Jeudi du Marxisme - Où va la France ?

19h30 Pianofabriek. Rue u Fort 35 - 1060 Bruxelles

21 septembre 2017

Débat sur les stratégies de changement social

19h MOC. Rue Plétinkx 19, 1000 Bruxelles

21 septembre 2017

Conférence de Victor Dreke, compagnon du Ché au Congo

19h Maison d’Amérique Latine. Rue du Collège 27 - 1050 (...)

21 septembre 2017

Projection film : Jusqu’à nous enterrer dans la mer

20h Cinéma Aventure. Galerie du Centre 57 (rue des Fripiers), 1000 (...)

22 septembre 2017

De Semira Adamu à nos jours, 20 ans de résistance aux expulsions

19h Garcia Lorca, 47/49 rue des Foulons - 1000 Bruxelles

22 septembre 2017

rien NVA plus

19h Europakruispunt, 1000 Brussel

23 septembre 2017

Projection/Débat : L’Audit,enquête sur la dette grecque + Il faut tuer TINA

17h30 - Pianofabriek, 35 rue du Fort 1060 Bruxelles

26 septembre 2017

Pour une décolonisation de l’espace public !

12h PAC Rue Lambert Crickx 5, 1070 Bruxelles


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Bello Ciao : G8, Gênes 2001

Le 20 juillet 2001 à 17h37, pendant le sommet du G8 à Gênes, Carlo Guiliani, manifestant de 23 ans est tué sur la place Alimonda. Les événements de ces journées constituent selon Amnesty International « le plus grave manquement aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale ».

Alors que des procédures ont eu lieu, que des condamnations ont été prononcées pour les tortures dans la caserne de Bolzaneto et la « nuit chilienne » de l’école Diaz, alors que les juges ont reconnu que le comportement des manifestants inculpés a été déterminé par l’attaque « illégitime, injustifiée et inadaptée à la situation » des pelotons de carabiniers, l’homicide de Carlo Guiliani n’est jamais parvenu dans une salle d’audience.

Dix ans plus tard, les auteurs de cette bande dessinée donnent la parole à ses amis, à sa sœur et à ses parents. Ils racontent qui était ce jeune homme, engagé et dévoué, sincère et libre, révolté par les injustices et que la presse a tenté de salir le soir même de sa mort. Ils reviennent, minutes par minutes, sur cette journée tragique, pour tenter de comprendre l’enchaînement des événements, à l’aide de nombreux documents photographiques et filmés, de démêler les multiples témoignages dont les contradictions laissent entrevoir un scénario plus plausible que les autres.

Il faut souligner leur obstination à lutter contre la volonté de l’État à enterrer l’affaire et se blanchir, leur dignité dans leur quête de vérité et de justice.

Les plus hautes responsabilités ne sont qu’à peine évoquées ici. C’est l‘engrenage des circonstances qui est démonté. Il s’agit avant tout de construire une mémoire contre les amnésies et les mensonges officiels, de rappeler que le degré de violence est toujours imposé par le pouvoir : marquer les corps et les esprits pour dissuader toute révolte. Un livre contre l’oubli et pour la vérité.

Source : bibliotheque fahrenheit

BELLO CIAO : G8, Gênes 2001
Francesco Barilli et Manuel De Carli
Traduit de l’italien par Emanuela Scalabrin et Jean-Marc Pontier.
142 pages – 10 euros.
Éditions Les Enfants Rouges – Golf Juan – Février 2013
http://enfantsrouges.com/
Édition originale : "Carlo Guiliani, il rebelle de Genova » – Éditions Becco Giallo – 2011


Le 20 juillet 2001 Ã 17h27, pendant les journées du sommet du G 8 de Gênes, un manifestant est tué sur la place Alimonda.
Les premiers témoignages sont confus : certains parlent d’un coup de revolver, d’autres d’une pierre, d’autres encore de bombes lacrymogènes. Peu de temps après, une photographie de l’agence Reuters ne laisse plus de place au doute. Elle révèle un jeune homme (on découvrira plus tard dans la soirée qu’il s’agit de Carlo Giuliani, un garçon de 23 ans) avec une cagoule et un extincteur qu’il soulève au dessus de sa tête tandis qu’une arme le vise depuis l’arrière d’une camionnette.

"Pour beaucoup la reconstitution de ce qui s’est passé place Alimonda s’arrête ici. En atteste la première agence qui, le 5 mai 2003, donne des nouvelles des archives du procès pour homicide à charge de Mario Placanica, le policier qui affirme avoir tiré : “Giuliani, comme cela s’est vu sur les images tournées par un video amateur qui ont fait le tour du monde, tentait d’assaillir une Jeep des carabiniers armé d’un extincteur. Placanica tire avec un pistolet d’ordonnance et le jeune homme tombe mort”.

La reconstitution hâtive reproduit la première version des faits, mais elle n’est valide que pour qui s’arrête à la photo de chez Reuters, retenue comme le point final d’une enquête tellement banale qu’elle semble déjà écrite : un manifestant est resté au sol, tué par un militaire lors d’une attaque des insurgés contre une camionnette de carabiniers. Un verdict de légitime défense prononcé non par un tribunal mais par des représentants politiques et les forces de l’ordre, aussitôt adopté par les principaux organes d’information. Mais quiconque au contraire est désireux d’approfondir les événements advenus Place Alimonda sait que cette photo n’a été qu’un point de départ : les événements de Gênes se sont enrichis de nombreux détails, que ce soit de la part des medias (davantage des alternatifs que des plus reconnus) ou des cours de justice, constituant ce qui fut selon Amnesty International “ le plus grave manquement aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale ”. Nous avons désiré isoler dans cette oeuvre, le souvenir de Carlo en tant que personne. Nous avons voulu retracer non seulement sa dernière journée, mais aussi sa personnalité.

Les interventions des proches de Carlo ont été précieuses (ses parents Haidi et Giuliano ainsi que sa soeur Elena) de même que les souvenirs de ses amis, ses poésies et ses notes, qui témoignent d’une personnalité riche et complexe, mais par dessus tout une sensibilité hors du commun, bien différente de l’image du “ vandale ” que les medias ont trop hâtivement donnée de la victime. Les entrevues sont présentées en mêlant le plan de l’évocation à celui des faits. Ni les intervieweurs ni leurs questions ne sont mis en avant, et les vignettes accompagnent le récit des proches de façon suggestive, en faisant interagir les narrateurs grâce aux éléments “ symboliques/évocateurs ” de l’histoire. C’est aussi une façon de démanteler l’image d’un jeune homme “ fils de personne ” que de nombreux médias ont bien voulu attribuer à Carlo.

Que ce soit clair, cela ne rendra pas l’homicide moins tragique, mais nous avons voulu montrer comment Carlo faisait partie intégrante d’une famille qui l’aimait, jusqu’à introduire symboliquement, précisément dans ce livre, le choix ultime de s’approprier l’extincteur, la cagoule et le rouleau de scotch avec lesquels Haidi, Elena et Giuliano interviennent dans le cours du récit."

Francesco Barilli

Traduit de la BD italienne "Carlo Guiliani, il rebelle de Genova", publié aux éditions Becco Giallo, par Emanuela Scalabrin et Jean-Marc Pontier.

Bello ciao, G8, Gênes 2001 est nominé pour le Prix Région Centre 2013 - Festival BD Boum-Blois.



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