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Wim Wenders : La Logique des images

Une fois que le langage du cinéma a été mis au point, il a pris son autonomie et il a quitté le terrain d’où il venait — à savoir la définition effective de la réalité, la présentation de l’extérieur dans (...)

Andrzej Wajda : Le découpage, hier et aujourd’hui

Au cours des années 1950, celles de ma jeunesse, l’équipe du film fêtait le centième clap. Personne ne s’aperçoit aujourd’hui que l’on a dépassé le cinq centième. La quantité des prises s’est énormément (...)

Sermon de Wajda aux élèves-cinéastes de Lodz

Il y a deux choses que vous devez savoir : dois-je tourner de près ou de loin, dois-je m’attarder ou non sur ce plan ? Si vous avez la réponse à ces questions, vous pouvez tout (...)

Ronnie Ramirez. Debout, caméra au poing

Notre envie est de stimuler ceux qui se mobilisent, de faire prendre conscience à la société civile qu’elle doit s’approprier un média sous peine d’être dépossédée de son (...)

ZIN TV : un projet média pour une vraie représentation et une diversité de regards

Recueil à partir d’un entretien réalisé avec trois acteurs de Zin TV (Anne-Sophie Guillaume, Ronnie Ramirez et Maxime Kouvaras)

Joris Ivens, Borinage

Le cinéaste doit d’abord être indigné devant l’exploitation de l’homme par l’homme, avant de chercher le bon angle de vue pour filmer la saleté et la vérité.

Joris Ivens, Moscou 1930-1932

J’avais rencontré là un problème qui devait se poser bien souvent par la suite : comment filmer des hommes au travail ? Comment restituer leur effort ou leur habileté en évitant d’utiliser les effets (...)

Joris Ivens et le passage au 16 synchrone

J’ai abandonné le format 35 mm avec lequel j’avais réalisé tous mes films et je me suis lancé dans l’aventure du 16 mm sonore. Pour moi c’était une véritable révolution. En même temps, j’en ai aussi senti (...)

Confessions techniques de Pasolini

Rien n’est jamais acquis une fois pour toutes. Écrire des livres, tourner un film, vous donne chaque fois une peine terrible et disproportionnée. Les crises donnent toujours l’impression, après, (...)

Cinéma parallèle

La préoccupation la plus aigüe est la survie du cinéma parallèle. Né sous l’effet de la guerre d’Algérie, il ne faudrait pas qu’il disparaisse avec elle.

Dove, une image qui trompe énormément

Dove a-t-il réellement voulu diffuser un clip raciste ? Plutôt étrange de la part d’une entreprise attachée à la promotion de la diversité.

UZIN, la fabrique des idées. On en parle avec ZIN TV

Décoder une image, c’est s’interroger sur quand elle a été créée, qui l’a créée, et à qui elle est adressée. Ancrer dans un contexte historique, c’est essentiel.

Entretiens. Zin TV : Télévision alternative

Zin TV est une WebTV collaborative, trait d’union entre le tissu associatif et les citoyens. Son équipe couvre l’actualité au-delà de tout formatage et mène une réflexion continue sur l’indépendance des (...)

L’info télé, scénario du déjà-vu, entretien avec Gérard Leblanc

La scénarisation de l’information est très proche du modèle judiciaire : on part presque toujours d’une infraction à un ordre présumé normal du monde.

Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Des jeunes en colère

Le capitalisme a toujours su faire de nous des individus indécis. C’est le but de sa méthode : nous faire comprendre que nous ne sommes pas un corps collectif, mais des individus qui ont chacun leur (...)


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Biographie de Dziga Vertov (1896 - 1953)

1896 Naissance le 2 janvier à Bialystok (partie polonaise de la Russie tsariste). Ses parents sont bibliothécaires. Son véritable nom est Denis Arkadiévtich Kaufman. Il aura deux frères plus jeunes que lui : Mikhaïl et Boris.

1906 Lycéen, il écrit ses premiers poèmes.

1912-1915 Cours au conservatoire de musique de Bialystok. En 1915, devant l’avancée de l’armée allemande, la famille s’installe à Moscou. Il écrit beaucoup entre 1914 et 1916 : des poèmes (Macha), des vers satiriques (Pourichkiévitch, La jeune fille aux tâches de rousseur), des essais (La chasse à la baleine, La pêche à la ligne), des romans de science-fiction (La main de fer, L’insurrection mexicaine).
C’est de cette période que, se revendiquant déjà du futurisme, il prend le nom de Dziga Vertov qu’il fait inscrire dans l’état civil soviétique. Dziga, dérivé d’un mot ukrainien désignant la toupie, signifie allusivement " roue qui tourne sans cesse ", mouvement perpétuel (il s’apparente également au mot Tzigane). Vertov dérive du verbe russe vertet qui signifie tourner, pivoter, tournoyer.

1916-1917 Etudes de médecine à Saint-Pétersbourg. Développant et modifiant les expériences des bruitistes - futuristes. Vertov fonde son Laboratoire de l’ouïe. Avec un vieux phonographe, il enregistre et monte des bruits (scieries mécaniques, torrents, machines en mouvement, paroles, etc.). Egalement montages de sténogrammes et montages de mots ; cette dernière technique est employée à des poèmes : Je vois, Start.

1918 Printemps : Vertov se met à la disposition du Kino-Komitet (Comité cinématographique) du Narkompros (Commissariat du Peuple à l’Instruction publique), 7 rue Malin Gnezdikovski, à Moscou. Il y devient rédacteur et chef monteur du premier journal d’actualité cinématographiques publié par le gouvernement des Soviets, le Kino-Nédélia (Ciné-Semaine).

1er juin : premier numéro du Kino-Nedelia
Sommaire : 1.Le Premier Mai sur la Place Rouge. 2.Jour du service militaire obligatoire, départs pour le front. 3.Exposition éducative de pièces anatomiques dans les kiosques de Moscou. 4.Réquisition et distribution des objets remisés par la bourgeoisie dans les garde-meubles.

29 numéros du Kino-Nédélia (hebdomadaire) sont publiés au cours de l’année, rédigés et montés par Vertov.
Exemples de ces numéros :
N°12, août 1918 : 1.Départ des marins pour le front. 2.Autoru de Kazan, combats contre les troupes tchèques. 3.Accident de chemin de fer. 4.Enterrement du chef bolchevik Ouritsky. 5.Catastrophe à Kiev : explosion d’un dépôt de munitions. 6.Yaroslav libérée par l’Armée rouge. La ville a été en partie détruite par les Gardes blancs.
N°22, fin octobre 1918 : 1.A Nijni-Novgorod, les premières glaces sur la Volga. 2.Pskov libérée, reprise aux Allemands par l’Armée Rouge. 3.Revue, en bateau, des troupes rouges sur la rivière Kama. 4.Le Troud, bateau fluvial pris aux Tchèques.

1919 1er janvier-27 juin : Dix numéros du Kino-Nédélia. Faute de pellicule, le journal filmé ne paraît plus que très irrégulièrement et devra arrêter de paraître dans la seconde moitié de l’année.

Juillet : Vertov cesse de travailler au Kino-Nédélia et utilise ses anciens numéros comme une partie du matériel pour un film de montage qui paraît avoir été présenté au début de novembre pour le second anniversaire de la révolution : L’anniversaire de la révolution, " documentaire historique ".

Réalisation et montage : Dziga Vertov. Production : Kino-Komitet du Narkompros. 12 parties.
Paraît être le premier film de montage d’actualités qui ait jamais eu cette importance (2h30/3h de projection).

Fin 1919, Dziga Vertov participe à des prises de vues avec l’opérateur P. Ermolov comme correspondant de guerre, autour de Tsaritsyne où se livrent de violents combats contre les armées blanches. La ville sera libérée le 3 janvier 1920. Elle avait été prise pendant l’été par le général Denikine.

1920 Avec les documents rapportés du front de la Volga, Vertov monte le film suivant, présenté fin 1919 ou plus vraisemblablement au début de 1920 : Les Combats devant Tsaritsyne, " Etude expérimentale ". Scénario, montage, réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : Ermolov, Dziga Vertov, Lemberg, etc. Production : Kino-Komitet du Narkompros et Rev-Voien-Soviet (Soviet de la guerre révolutionnaire). 1 bobine.

6 janvier : avec le président Kalinine, Dziga Vertov part comme documentariste et opérateur à bord du train de propagande Révolution d’Octobre qui accomplit pendant plusieurs semaines une tournée de propagande sur les fronts du Sud-Ouest, où les armées rouges combattent les troupes blanches des généraux Denikine et Wrangel. Kalinine visite notamment Kazan, Toula etc.

Vertov a emporté avec lui son long métrage L’Anniversaire de la Révolution qu’il projette dans les gares et les cinémas des villes où s’arrête le train de propagande. En même temps il filme ou fait filmer le voyage, les meetings, les discours de Kalinine. Il rapportera de cette tournée le documentaire Le Staroste de toutes les Russies, Kalinine. Scénario, réalisation, opérateur et montage : Dziga Vertov. Le terme russe de Staroste signifie doyen, chef d’un village, d’un pays ou d’une communauté.

L’exhumation des reliques de Serge Radonejski
Scénario, réalisation et " instructeur pour le tournage " : Dziga Vertov.
Production : Kino-Komitet du Narkompros. 2 bobines.
Il s’agit d’un reportage anti-religieux sur l’exhumation du cadavre d’un homme riche s’étant fait passer pour un saint.

Le procès Mironov
" Etude " et " Chronique judiciaire ".
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Production : Kino-Komitet du Narkompros et Rev-Voien-Soviet. 1 bobine.

1921 Le commandant de la XIIIème armée Kojevnikov
Film composé par Dziga Vertov avec les documents filmés à Tsaritsyne en 1919. Nous ignorons si ce film, pour lequel Vertov établit une liste de montage, a été terminé et édité.

Le train du Comité Central, " Film voyage ".
Réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : A. Lemberg, Tissé, etc. Production : V. Ts. I. K. (Comité Central du Parti bolchevik) et Kino-Komitet du Narkompros, 1 bobine ou 750 mètres.
A participé aussi à ce film le réalisateur Gardine. Le film paraît avoir été édité seulement en 1923. Autre titre : Sur les fronts de la guerre civile.

Ce train, dit aussi Train Lénine, était une unité roulante d’agit-prop (agitation-propagande), avec une troupe de théâtre, un cinéma ambulant, des opérateurs, un petit laboratoire de tirage-montage, une bibliothèque, des orateurs politiques, une imprimerie… Il voyagea à travers tout le pays du 22 avril 1919 au 2 novembre 1921. Le film raconte ses voyages et utilise les films rapportés par ses opérateurs. Vertov avait participé à sa tournée de janvier-février 1920. A la même époque circulait sur la Volga le vapeur Etoile Rouge qui menait la même activité.

1921 Vertov aurait monté en 1921 (ou en 1920) un film : Le vapeur instructeur étoile rouge.
Opérateurs : A. Lemberg, P. Ermolov. Production : VFKO (Comité Photographique et Cinématographique Pan-russe).

Scénario : Le Caucase soviétique (projet non réalisé).

1922 Histoire de la guerre civile, " Chronique historique "
Scénario, réalisation, montage : Dziga Vertov. Production ; GlavPolit Prosvet et Kultkino (cinéma culturel), VFKO. 13 bobines, soit environ 3.900 mètres.
Film entrepris en 1921. Montage de documentaires et d’actualités sur la guerre civile (1918-1921).

Le procès des S.R., " Chronique judiciaire "
Plan de travail, sous-titres, réalisation : Dziga Vertov. Production : VFKO. 3 parties, 900 mètres environ.
Pendant la guerre civile les " socialistes-révolutionnaires " avaient appuyé et soutenu les entreprises contre-révolutionnaires, collaborant avec les Blancs et étant par exemple responsable de l’attentat où Lénine sera grièvement blessé. Leur procès, ouvert à Moscou le 23 mai 1922, se termina par quatorze condamnations à mort non appliquées.

Univermag, " Esquisse ".
Réalisation : Dziga Vertov. Production : VFKO. Deux parties, 600 mètres environ.
Documentaire consacré au grand magasin d’Etat de Moscou Univermag (magasin universel) appelé aussi GOUM.

Ciné-Vérité (Kino Pravda)
Plan de tournage, sous-titres, réalisation : Dziga Vertov. Production : Goskino (Cinéma d’Etat). Chaque numéro : une bobine (300 mètres environ).
Dates de sorties : 21 mai pour le n°1, 12 juin pour le n°2, 22 juin pour le n°3, 1er juillet pour le n°4, 12 juillet pour le n°5, 24 juillet pour le n°6, 1er août pour le n°7, 15 août pour le n°8, 25 août pour le n°9, 3 septembre pour le n°10, 5 octobre pour le n°11, 12 octobre pour le n°12. Magazine à périodicité irrégulière portant le nom (ou placé sous les auspices) du quotidien Pravda (Vérité) fondé en 1912 par Lénine. Chaque numéro est composé non d’actualités mais de deux ou trois reportages sur des sujets divers.
Le numéro 9 (25 août 1922) contient par exemples trois parties : 1.Congrès des prêtres orthodoxes de Moscou. 2.Courses à l’hippodrome de Moscou, le 20 août. 3.Le premier cinéma automobile ambulant de l’U.R.S.S. Recherches de montage très originales dans les parties 2 et 3, avec large emploi de gros plans, de visages et de mécaniques en mouvement.

Fin 1922 a été constitué le Conseil des Trois avec Dziga Vertov, Elisabeth Svilova (sa femme et collaboratrice), Mikhaïl Kaufman (son frère, récemment démobilisé et devenu opérateur d’actualités puis de documentaires. Il est depuis le 6ème numéro (au moins) de la Kino-Pravda (24 juillet) l’opérateur principal du magazine.

Décembre : le Conseil des Trois rédige un appel aux cinéastes soviétiques, publié l’année suivante dans la revue LEF sous le titre : L’Appel du commencement.

28 décembre : Vertov termine la rédaction du manifeste théorique publié en juin 1923 dans LEF sous le titre de Kinoki. Perevorot (Kinoks-Révolution).

1923 10 janvier : Sténogramme du Conseil des Trois. 20 janvier : Appel du Conseil des Trois aux cinéastes.
Documents publiés en juin dans LEF.

Janvier : Kino-Pravda n°13, publié sous le titre : Ciné-Vérité d’Octobre - Hier, Aujourd’hui, Demain.
Réalisation, scénario : Dziga Vertov. 900 mètres environ.
Numéro spécial entrepris fin 1922 pour le cinquième anniversaire de la Révolution d’Octobre. Ce numéro comporte des séquences composées à dessein d’actualités prises à des époques et dans des endroits très différents, formant cependant un récit cohérent.

15 mars : Publication dans la Pravda de l’article de Vertov : Notre point de vue, sous le titre Nouvelles tendances du cinéma.

Cinq années de lutte et de victoires.
Réalisation, scénario : Dziga Vertov. Production : VFKO, 1500 mètres environ.
Film de montage sur l’U.R.S.S. de 1917 à 1922.

Mai : Kino-Pravda n°14
Réalisation, Scénario : Dziga Vertov.
Contient une séquence où Lénine est acclamé par des foules filmées à des époques et dans des endroits très différents.

Juin : Publication de Kinoki. Pereverot et d’autres manifestes de Dziga Vertov dans le numéro 3 de LEF, organe du Front gauche de la littérature et des arts, fondé et dirigé par Maïakovski.

21 juillet : Premier numéro du Kino-Kalendar, plus tard appelé Goskino-Kalendar (Ciné-calendrier).
Scénario, montage : Dziga Vertov. Production : VFKO. 1 bobine.
Cinquante numéros de ce magazine (bi-mensuel ?) seront publiés en 1923-1925 (dernier numéro en juin).

Novembre : Kino-Pravda n°15.

Trois ciné-esquisses consacrées à la première exposition pansoviétique.

Construction de l’exposition pan-soviétique.
Scénario et montage : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Production : Goskino. 3 bobines

Inauguration de l’exposition.
Scénario et montage : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Production : Goskino. 2 bobines

L’exposition pansoviétique.
Scénario et montage : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Production : Goskino. 5 bobines

Le Conseil des Trois est devenu au printemps 1923 le groupe des Kinoki, pluriel de Kinok, mot forgé en partant de Kino-Oko, variante de Kino-Glaz et signifiant comme lui Ciné-Œil. On pourrait traduire Kinoki par Ciné-Yeux.

1924 Mars : Kino-Pravda n°16
La vérité du Printemps
Scénario, réalisation et montage : Dziga Vertov. Numéro spécial sur le thème du Printemps.

Kino-Pravda n°18
Voyage du ciné-œil sur l’itinéraire mer noire - océan arctique - Moscou. Scénario, réalisation et montage : Dziga Vertov.

Kino-Pravda n°19
Numéro spécial consacré au Proletkult (organisation de culture prolétarienne, de ligne gauchiste et ouvriériste opposée à la politique d’ouverture de Lénine et Gorki).

Kino-Pravda n°20, numéro spécial intitulé : Ciné-vérité des pionniers.
Film réalisé dans un camp de jeunes pionniers dans la région de Moscou.

Aujourd’hui., " La carte politique de l’Europe en dessins animés ".
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Collaborateurs (dessins) : Béliakov et B. Volkov. Production : Goskino (Kultkino). 195 mètres.
Le premier film d’animation réalisé en Union Soviétique, entrepris en 1922.

Les jouets soviétiques
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateur : A. Dorn Collaborateurs (dessins) : Bouckine, Alexandre Ivanov, I. Béliakov. Production : Goskino. 1 bobine. 34 9 mètres. Film d’animation.

Les grimaces de Paris ou le Rouble or.
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateur : Béliakov. Dessins : Béliakov, Bouchkine. Production : Goskino. 60 mètres. Film d’animation ; charge politique dirigée contre Poincaré.

Humoresque.
Réalisation : Dziga Vertov. Opérateur : Béliaev. Collaborateurs (dessins) : A. Bouchkine, I. Béliakov. Production : Goskino (Kultkino). 1 bobine, 60 mètres. Film d’animation.

Ciné-œil - Première série du cycle : La vie à l’improviste.
Ciné explorateur, montage : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Assistante à la réalisation : E. Svilova. Production : Goskino. 6 bobines. La liste de montage, conservée, contient 476 numéros.

En 1924 se poursuit la publication du Goskino-Kalendar. Scénario, réalisation et montage : Dziga Vertov. Dans cette série s’inscrivent : le ciné-calendrier léniniste (1 bobine), L’année sans Illitch (2 parties, 500 mètres environ).

Vive l’air. Scénario, réalisation : Dziga Vertov. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Production : Goskino. 1 bobine.

Dziga Vertov commence à travailler au scénario de Trois chants sur Lénine, terminé et réalisé sept années plus tard.
Le groupe des Kinoks comprend alors Vertov, Svilova, M. Kaufman, Béliakov, Kopaline, Alexandre Lemberg (opérateur), Léonovitch, P. Zotov, Koudinov, Kagarlitsky, Bouchkine et quelques autres.

Un essai a été tenté en 1923-1924 pour transformer les Kinoks en " organisation de masse " ayant ses clubs et ses correspondants dans toute l’U.R.S..S. le seul club d’amateurs existant hors de Moscou fut fondé par Kopaline dans son camp de pionniers. Mais quand celui-ci s’établit en 1925 à Moscou pour y devenir documentariste, ce groupe disparut et il n’y en eut pas d’autres.

1925 Publication des trois derniers numéros de la série Kino-Pravda : 21 janvier, n°21 - Ciné-vérité léniniste, " Ciné-poème sur Lénine ".
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : G. Guiber, A. Lévitsky, A. Lemberg, I. Novitsky, M. Kaufman, E. Tissé, etc. 3 bobines (900 mètres environ).
13 mars, n°22 - Lénine vit dans le cœur du paysan.
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : M. Kaufman, A. Lemberg, I. Béliakov. 2 bobines (600 mètres environ). Paraît avoir été présenté à l’Exposition des Arts décoratifs de Paris (où il sera primé) sous le titre Histoire d’une bouchée de pain.
N°23 - Radio Ciné-vérité.
Scénario et réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : M. Kaufman, I. Béliakov, E. Bouchkine. 1 bobine.

Continuation du Goskino-Kalendar, jusqu’au numéro 50. Dziga Vertov cesse sa collaboration le 5 juin 1925. Il a réalisé et monté cette année-là au moins deux numéros spéciaux pour ce magazine : Le septième anniversaire de l’armée rouge (23 février), le numéro spécial du 1er mai.

Août : La flotte de la Baltique. Documentaire de M. Petrovitch. Plan de montage établi par Dziga Vertov.

10 octobre : Dziga Vertov commence à écrire le scénario de La sixième partie du monde, travail terminé fin décembre.

Fin décembre : Dziga Vertov commence à travailler au scénario du Mossoviet (Soviet municipal de Moscou) qui deviendra au cours de sa réalisation Chagaï, Soviet (En avant, Soviet !).

Projets non réalisés : Lénine (deviendra Trois chants sur Lénine), La dixième Année (deviendra La onzième année), La Terre (paraît être dérivé de la Kino-Pravda n°21).

1926 En avant, Soviet !, " Symphonie du travail créateur ".
Scénario, guide de tournage, montage, sous-titres : Dziga Vertov. Assistante de l’auteur : E. Svilova. Chef opérateur : Béliakov, avec plusieurs autres opérateurs dépendant de lui. Ciné-explorateur : Ivan Kopaline. Production : Kultkino-Goskino. 7 bobines, 1.650 mètres. Première à Moscou le 23 août 1926.
Autres titres : 2.000 mètres au pays des Bolchevik ; Le Mossoviet dans le présent, le passé et le futur.

La sixième partie du monde, " Ciné-poème lyrique ".
Scénario, guide de tournage, montage, sous-titre, " instructeur " : Dziga Vertov. Assistante de l’auteur : E. Svilova. Chef opérateur : Mikhaïl Kaufman. Opérateurs : Ivan Béliakov, P. Zotov, A. Lemberg, S. Bendersky, N. Stroukov, N. Konstantinov, Ia. Toltchan. Ciné-explorateurs : Ivan Kopaline, A. Kagarlitsky, Boris Koudinov. Production : Kultkino et Sovkino. 6 parties, 1767 mètres. Première à Moscou le 31 décembre 1926.
Film produit pour la publicité du Gostog (Commerce d’Etat) et spécialement pour ses services d’exportation.

Articles divers écrits ou publiés en 1926 : Le Ciné-Œil (publié dans Sovietsky Ekran n°15, 1926), Le front du ciné-œil (11 mars), La fabrique de faits (Pravda du 25 juillet), Contre les phrases gauchistes (15 juillet), Un combat continu (publié dans Kino du 30 octobre), Du ciné-œil au radio-œil ; Projet du ciné-œil comme cinéma géographique.

Durant l’année 1926, Dziga Vertov écrit le scénario de Dix ans après Octobre, qui deviendra La onzième année, et fait le plan de sa Fabrique de faits, conçue comme ce que seront plus tard en U.R.S.S. les " Studios des actualités et du documentaire ".

D’autre part, en 1926, Mikhaïl Kaufman, devenu documentariste, réalise seul Moscou. Ce documentaire détruit pendant la guerre a été réalisé suivant le principe de " la vie à l’improviste " et montre une grande ville pendant une journée, de l’aube au crépuscule. Principe de scénario (ou plutôt de plan de travail) qui sera ensuite repris en Allemagne par Walther Ruttmann pour Berlin, Symphonie d’une grande ville (1928) et par les deux frères, en collaboration, pour L’homme à la caméra (1929).

1927-1928 La onzième année, " Chronique ".
Scénario, réalisation, montage, sous-titre, " instructeur " : Dziga Vertov. Assistante de l’auteur : E. Svilova. Opérateur : Mikhaïl Kaufman. Production : VUFKU (Kiev). 5 bobines, 1600 mètres. Première à Kiev le 21 mars 1928, à Moscou le 25 mai 1928.
Autre titre : le dixième anniversaire d’Octobre.

Vertov a rompu avec le Goskino et travaille désormais comme son frère M. Kaufman avec le VUFKU (Comité pan-ukrainien du cinéma et de la photographie). Les motifs de sa rupture apparaissent avoir été exposés dans une longue lettre du 3-15 janvier 1927 au camarade D. Chvedtchikov, directeur du Sovkino.

Son article Au volant du ciné-œil de 1927 paraît être demeuré inédit. Dziga Vertov intervient comme délégué à une discussion du Parti et des Soviets sur le cinéma (27 décembre 1927). Il a travaillé au scénario de La onzième année durant l’année 1927, mais ne paraît pas avoir conclu un accord pour sa réalisation avec le VUFKU avant le début de 1928.

En 1927-1928 il écrit un scénario de 141 pages pour L’homme à la caméra (scénario musical, plan d’orientation du tournage, devis de réalisation, feuillets de tournage, objectif du film). L’accord pour sa réalisation paraît avoir été conclu au printemps de 1928.

Les théories et les films du ciné-œil et de Vertov commencent à avoir une grande influence sur les cinéastes d’avant-garde en Allemagne (Ruttmann, Richter), en France (Vigo, Carné, Jean Lods, etc.), en Belgique (Storck), en Hollande (Ivens, Ferno), aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne (Grierson etc.). Ils déterminent en partie, dans ces divers pays, l’évolution de l’avant-garde (parfois abstraite) vers le documentaire social.

1929 L’homme à la caméra (littéralement : L’homme à la prise de vues ou à l’appareil cinématographique), " ciné-feuilleton ".
Scénario, " instructeur ", montage : Dziga Vertov. Assistante à la réalisation et au montage : E. Svilova. Opérateur : M. Kaufman. Production : VUFKU. 6 bobines, 1889 mètres. Première à Kiev le 8 janvier 1929, le 9 avril à Moscou.
Film sans sous-titres, réalisé en 1928. Une journée d’une grande ville, de l’aube à la nuit. Il y avait seulement un plan de travail très poussé, préparant le tournage. Vertov utilise constamment dans ce film divers effets spéciaux ou truquages (surimpressions, ralentis, accélérés etc.).

En 1929 Mikhaïl Kaufman réalise de son côté Vers la crèche. Divers désaccords ont surgi entre les deux frères durant la réalisation de L’homme à la caméra et ils cesseront désormais leur collaboration.
Depuis 1925 ils sont en correspondance avec leur plus jeune frère, Boris Kaufman, qui a suivi vers 1919-1920 ses parents en Pologne, ils lui donnent des cours de cinéma par correspondance. Vers 1928 le jeune homme s’établit en France où il devient l’ami de Vigo, Jean Lods, Moussinac etc.

1930 Enthousiasme ou Symphonie du Donbass, " Film documentaire sonore ".
Scénario, montage, réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : B. Zeitline, K. Koulayev. Opérateur du son : P. Chtro. Musique : Timoféiev. Assistante au montage : Svilova. Assistants pour le son : Timarzev et K. Tchybisov. Production : Ukrain Film (anciennement VUFKU). 7 bobines ou 2.600 mètres. Premier film sonore de Vertov et l’un des deux premiers de long métrage réalisés en U.R.S.S. Pourrait n’avoir été terminé qu’en 1931.

Articles : Réponses aux questions à propos du documentaire (5 janvier), Sur le documentaire (revue Kino-Front, 11 mai), Le ciné-œil de mars (revue Kino i Jizn, n°20).

Mikhaïl Kaufman réalise seul Au Printemps, long-métrage produit par le VUFKU et qui est son meilleur film (détruit pendant la guerre).

En France Boris Kaufman est l’opérateur de Jean Vigo pour A propos de Nice.

1931 Articles : Le point de vue (A propos d’Enthousiasme, 7 février), Les premiers pas (publié dans Kino du 16 avril, n°422), La négation de la négation (sur les actualités et le cinéma sonore, 10 avril), Intervention à la première conférence de l’ARRK à Moscou sur le thème : Reconstruction du cinéma soviétique et problèmes du film politique (18-22 avril), Ciné-œil, Radio-Œil et le soi-disant documentarisme (publié pas Cinéma Prolétarien, n°4, 4 mai), Critique des critiques (publié dans Kino, 16 juin), La cinématographie soviétique (écrit pour la Petite Encyclopédie soviétique).

Durant cette année 1931, Vertov et Svilova voyagent en Europe occidentale, visitant Berlin, Hambourg, Breslau, Hanovre, Genève, Bâle, Paris, Londres, etc.

Il présente dans ces villes L’homme à la caméra ou Enthousiasme. Désormais illustre, le réalisateur est accueilli partout avec ferveur et admiration.

17 novembre : Charles Chaplin, après avoir vu Enthousiasme à Londres, fait parvenir un message plein d’admiration à Vertov.

1932-1933 Dziga Vertov travaille sur le scénario de Trois chants sur Lénine et réunit la matière première d’archives pour ce film.

Début de l’année 1932 : article à propos d’Enthousiasme : Charles Chaplin, les ouvriers de Hambourg et les décrets du Dr Virta, et Encore sur le soi-disant " documentarisme " (les deux articles dans Cinéma Prolétarien, n°3).
Controverse avec le critique Nikolaï Lébédev (Cinéma Prolétarien n°5). Article Conquête de l’art (publié dans Kino n°5). Sur les tâches des travailleurs de la cinématographie soviétique à la lumière de la résolution du Comité Central du Parti Communiste (bolchévik) : " De la réorganisation des associations artistiques et littéraires ". Perspectives de travail dans l’ARRK ; Pourquoi je ne participe pas aux discussions sur le documentarisme.

1934 Trois chants sur Lénine.
Scénario, montage, réalisation : Dziga Vertov. Opérateurs : M. Maguidson, Monastyrsky, Sourensky. Musique : You. Chaporine. Son : P. Chtro. Assistante de l’auteur : E. Svilova. Production : Mejrabpomfilm. 1873 mètres.
Présenté partiellement et primé au second festival de Venise (1934).

Articles de Vertov sur ce film : illustré Ogonëk (n°17, 1934) ; quotidien Izvestia (15 décembre 1934) ; revue Iskousstvo Kino (n°4, 1957, article écrit en 1934) ; Ciné-vérité publié dans Cinéma Soviétique (n°11-12, 1937) ; Symphonie de pensée (26 août 1934, inédit).

1935-1936 Dziga Vertov travaille au scénario de Berceuse.

1936 Il écrit le scénario de Chansons sur les jeunes filles. Ce film, qui devait être consacré aux diverses républiques de l’U.R.S.S., ne sera pas réalisé.

24 avril : Discours sur Maïakovski, pour l’anniversaire du poète.

1937 Berceuse.
Scénario, montage, réalisation, commentaire : Dziga Vertov. Opérateur : D. Sourensky. Musique : Dimitri et Danil Pokrass. Assistante de l’auteur : E. Svilova. Texte des chansons : V. Lébédev-Koumatcha. Production : Soïouzhkinokhronika. 7 bobines, 1622 mètres.

Le souvenir de Serge Ordjonikidze.
Scénario, montage, réalisation : Dziga Vertov, E. Svilova. Production : Soïouzhkinokhronika. 2 bobines. Film de montage.

Serge Ordjonikizde.
Réalisation : Dziga Vertov, E. Svilova, Ia. Bliokh. Opérateurs : M. Ochourkov, I. Béliakov, V. Dobronitsky, Soloviev, Adjibéliachvili. Production : Soïouzhkinokhronika. 5 ou 7 bobines. Film de montage.

1938 Gloire aux héroïnes soviétiques.
Réalisation, scénario : Dziga Vertov. Co-réalisation : E. Svilova. Production : Soïouzhkinokhronika. 1 bobine.

Trois héroïnes.
Scénario, réalisation, montage : Dziga Vertov, assisté de Svilova. Chef-opérateur : Semenov. Opérateurs des studios de documentaires de Moscou, Khabarovsk et Novossibirsk. Musique : D. et D. Pokrass. Texte des chansons : P. Lébédev-Koumatacha. Production : Soïouzhkinokhronika. 7 bobines. Les femmes et la défense militaire.

1939-1940 En 1939 Vertov réalise des actualités pour l’Exportation (au moins six numéros dans les premiers mois de l’année). Sixième numéro : L’U.R.S.S. sur l’écran.

Projets de films ou scénarios non réalisés : Les Kolkhoziens du village Kandybina, Maman va dans le ciel, Galerie des femmes soviétiques, La jeune fille qui joue du piano, Dans la ville natale, Hors programme, Contes es Géants (film pour enfants, en collaboration avec Illine et E. Segal), Quand tu es parti pour la guerre, L’homme volant. Etc.

1941 La hauteur A
Scénario, réalisation : Dziga Vertov et E. Svilova. Opérateurs : Bounimovitch, Kasatkine. Production : Studio Central d’Actualités.

Sang pour sang.
Scénario, réalisation, montage : Dziga Vertov et E. Svilova. Production : Studio Central d’Actualités. 1 bobine.
Film sur les attaques aériennes, terminé le 16 octobre. Filmé au front par les opérateurs de guerre. Fut détruit lorsqu’on en utilisa des extraits pour le documentaire Ukraine.

Sur la ligne de feu - les opérateurs d’actualités.
Scénario, réalisation, montage : Dziga Vertov et E. Svilova. Opérateur : Vikhirev. Production : Studio Central d’Actualités.

Ces trois ciné-reportages de guerre sont publiés dans le journal d’actualité Soyouz Kino Journal.

1942-1944 Comme beaucoup d’autres cinéastes soviétiques, Dziga Vertov et Svilova ont été repliés en Asie Centrale, à Alma Ata (Kazakhstan) où des studios ont été aménagés au début de la guerre.

Il y réalise :
1942-1943 Toi au front ou Sur le front du Kazakhstan, " Ciné-poème ". Auteur-réalisateur : Dziga Vertov. Co-réalisation : E. Svilova. Opérateur : B. Poumpiansky. Musique : G. Popov, V. Vélikanov. Texte des chansons : V. Lougovsky. Production : Studios d’Alma Ata. 5 ou 6 bobines.

1944 Dans la montagne Ala-Tau
Réalisation : Dziga Vertov, E. Svilova. Opérateur : B. Poumpiansky. Production : Studios d’Alma-Ata. 2 bobines.

L’art soviétique.
Réalisation : Dziga Vertov, E. Svilova. Opérateur : B. Poumpiansky. Reportage sur une exposition.

Projets non réalisés pendant cette période : Le grain (les semences soviétiques dans la Guerre Nationale), Le serment des millions (ou Le serment des jeunes), Galerie de ciné-portraits, L’Amour pour les hommes, La petite Anna, Moi aussi je suis docteur.

A partir de 1944 Vertov travaille pour le journal d’actualités soviétiques Novosti Dnia (Nouvelles du jour), à qui il apporte des idées et sujets, parfois réalisés par lui.
Il réalise les numéros suivants :
1944 : 18.
1945 : 4, 8, 12, 15 ,20.
1946 : 2, 8, 18, 24, 34, 42, 67, 74.
1947 : 6, 13, 21, 30, 37, 48, 51, 65, 71.

1947 Le serment de la jeunesse.
Réalisation : Dziga Vertov, E. Svilova. Opérateur s : Béliakov, G. Amirov, B. Borkovsky, B. Démentiev, Semenov, Kositsine, E. Stankévitch. Production : Studio Central de Documentaires. 3 bobines.

1947-1954 Collaboration au ciné-journal Novosti Dnia. Il réalise les numéros suivants :
1948 : 8, 19, 23, 29, 34, 39, 44, 50.
1949 : 19, 27, 43, 45, 51, 55.
1950 : 7, 58.
1951 : 15, 33, 43, 56.
1952 : 9, 15, 31, 43, 54.
1953 : 18, 27, 35, 55.
1954 : 31, 46, 60.

Il rédige divers souvenirs et autobiographies restées alors inédits, tels que Sur la voie créatrice (1945-1946), Journal, Autobiographie (1949), etc.

Il participe en mai 1946 à une discussion sur le cinéma documentaire. Fin 1953 il se sait atteint d’un cancer. Il meurt le 12 février 1954 à Moscou.



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