19 juillet 2019

2e Ride Déchainé•es

19h30 Porte de Namur, 1000 Bruxelles

20 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Schaerbeek - Josaphat

14h30 Square François Riga, 1030 Bruxelles

22 juillet 2019

Acte 15 - Rassemblement en soutien à Julian

17h-19h Place de la Monnaie 1000 Bruxelles

27 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Saint-Gilles

14h30 Paul Dejaerlaan 9, 1060 Bruxelles

28 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Forest

14h30 Arrêt Neerstalle, 1190 Bruxelles

29 juillet 2019

Acte 16 - Rassemblement en soutien à Julian

17h-19h Place de la Monnaie 1000 Bruxelles

26 septembre 2019

Femmes, féminismes et Islam : l’égalité en question

19h ESPACE MAGH 17 rue du Poinçon 1000 Bruxelles

3 octobre 2019

Lutter contre Uber et Deliveroo : ça tue !

19h-21h Point Culture 145 rue Royale 1000 Bruxelles


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Chomsky : L’arrestation d’Assange est scandaleuse

Les avocats de Julian Assange s’engagent à lutter contre l’extradition éventuelle du fondateur de WikiLeaks vers les Etats-Unis après son arrestation à Londres. La police britannique a expulsé de force M. Assange de l’ambassade de l’Équateur, où il était en exil depuis près de sept ans. Le jeudi 11 avril, Amy Goodman de Democracy Now ! a parlé à Noam Chomsky de la détention d’Assange, de WikiLeaks et du pouvoir américain.

Noam Chomsky : L’arrestation d’Assange est scandaleuse pour plusieurs raisons. L’une d’elles est liée aux tentatives des gouvernements... et pas seulement du gouvernement des États-Unis. Le gouvernement britannique coopère. L’Équateur, bien sûr, coopère actuellement. La Suède a coopéré dans le passé. Je fais référence aux tentatives de faire taire un journaliste qui publiait des informations que les gens au pouvoir ne voulaient pas voir diffusées. C’est essentiellement ce qui s’est produit. WikiLeaks publiait des informations sur les personnes au pouvoir que les gens devraient connaître. Les gens au pouvoir n’aiment pas ça, alors on doit les faire taire. Ce genre de choses, ce genre de scandales, malheureusement, sont courants.

Nous pouvons voir un autre exemple juste à côté de l’Équateur, au Brésil, où les événements qui se sont produits sont extrêmement importants. Le Brésil est le pays le plus important d’Amérique latine et l’un des plus importants au monde. Sous le gouvernement de Lula, au début de ce millénaire, le Brésil était peut-être le pays le plus respecté au monde. Sous la direction de Lula da Silva, c’était la voix du Sud. Regarde ce qui s’est passé. Il y a eu un coup d’État, un coup d’État "soft", qui vise à éliminer les effets du Parti des travailleurs. C’est ce que la Banque mondiale a décrit - pas moi, c’est la Banque mondiale qui l’a dit - comme la "décennie dorée" de l’histoire du Brésil, au cours de laquelle une réduction radicale de la pauvreté a été réalisée, une extension massive de l’inclusion des populations marginalisées, qui constituent une grande partie de la population - la population afro-brésilienne, la population autochtone - dans la société, qui a créé un sentiment de dignité et d’espoir chez la population. Cela ne saurait être toléré.

Après le départ de Lula de la présidence, une sorte de "coup bas" a eu lieu, je ne vais pas expliquer les détails, mais la dernière mesure, en septembre dernier, a été d’emprisonner Lula da Silva, le leader dans les sondages, la figure la plus populaire au Brésil, qui allait être, avec une certitude presque absolue, le vainqueur de l’élection suivante, et a été emprisonné à l’isolement, condamné pour l’essentiel, à 25 ans de prison, l’interdiction de lire la presse ou les livres et, surtout, l’interdiction de faire des déclarations publiques, contrairement aux assassins de masse dans le couloir de la mort. Tout cela pour faire taire la personne qui était le vainqueur probable de l’élection. Lula est le prisonnier politique le plus important au monde.

Eh bien, Assange est un cas similaire : ils veulent faire taire cette voix. Si nous remontons dans l’histoire, certains se souviendront de l’emprisonnement d’Antonio Gramsci par le gouvernement fasciste de Mussolini. Le procureur avait dit : "Nous devons faire taire cette voix pendant 20 ans. Nous ne pouvons pas le laisser parler." Il en va de même pour Assange et Lula. Il y a d’autres cas. C’est un grand scandale.

L’autre c’est la portée extraterritoriale des États-Unis, ce qui est choquant : aucun autre État ne pourrait le faire, mais pourquoi les États-Unis devrait-elle avoir le pouvoir de contrôler ce que les autres peuples font dans d’autres parties du monde ? C’est une situation insensée. C’est constant. On ne s’en rend même pas compte. Au moins, ce n’est pas quelque chose dont on parle.

C’est un peu comme la question des accords commerciaux avec la Chine, à quoi servent les accords commerciaux ? Il s’agit d’une tentative d’entrave au développement économique de la Chine. C’est exactement çà. Maintenant, la Chine a un modèle de développement, le gouvernement Trump n’aime pas ça. Par conséquent, il cherche à l’affaiblir. Posez-vous la question suivante : que se passerait-il si la Chine ne respectait pas les règles que les États-Unis tentent d’imposer ? La Chine, par exemple... lorsque Boeing, Microsoft ou une autre grande société investit en Chine, la Chine veut avoir un certain contrôle sur le caractère de cet investissement. Ils veulent un certain degré de transfert de technologie. Y a-t-il quelque chose de mal à cela ? C’est ainsi que les États-Unis s’est développée, en volant - ce que nous appelons voler - la technologie en Angleterre. C’est ainsi que l’Angleterre s’est développée, volant la technologie des pays les plus avancés : l’Inde, les Pays-Bas et même l’Irlande. C’est ainsi que tous les pays développés ont atteint le stade avancé de développement.

Si Boeing et Microsoft n’aiment pas ces accords, ils peuvent décider de ne pas investir en Chine. Personne ne pointe une arme sur eux. S’il y avait quelqu’un qui croyait vraiment au capitalisme, il devrait être libre de conclure tout accord qu’il voudrait avec la Chine. Si cela inclut le transfert de technologie, c’est très bien. Les États-Unis veulent bloquer cela, de sorte que la Chine ne puisse pas se développer.

Regardons ce qu’on appelle les "droits de propriété intellectuelle", les droits de brevet exorbitants pour les médicaments, pour Windows, par exemple. Microsoft détient le monopole des systèmes d’exploitation, par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale du commerce. Supposons que la Chine ne les respecte pas, qui en profiterait et qui y perdrait ? Eh bien, la vérité, c’est que les consommateurs des États-Unis en profiteraient. Cela signifierait qu’ils obtiendraient des médicaments moins chers. Cela signifierait que lorsqu’ils achètent un ordinateur, ils n’auraient pas besoin d’utiliser Windows. Ils pourraient utiliser un meilleur système d’exploitation. Bill Gates aurait un peu moins d’argent. Les sociétés pharmaceutiques ne seraient pas aussi riches qu’elles le sont, elles seraient un peu moins riches. Y a-t-il quelque chose de mal à cela ? y a-t-il un problème à cela ?

Eh bien, on peut se demander ce qu’il y a derrière toutes ces discussions et négociations. C’est vrai dans tous les domaines. Dans presque tous les problèmes que l’on choisit, on peut se demander : Pourquoi est-ce accepté ? Dans ce cas particulier, pourquoi est-il acceptable que les États-Unis aient même le pouvoir de présenter une pétition pour extrader quelqu’un dont le crime est d’exposer à la société des informations que les gens au pouvoir ne veulent pas que la société voit ? C’est essentiellement ce qui se passe.

Source : el diario / traduit par ZIN TV



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