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Dove, une image qui trompe énormément

Dove a-t-il réellement voulu diffuser un clip raciste ? Plutôt étrange de la part d’une entreprise attachée à la promotion de la diversité.

UZIN, la fabrique des idées. On en parle avec ZIN TV

Décoder une image, c’est s’interroger sur quand elle a été créée, qui l’a créée, et à qui elle est adressée. Ancrer dans un contexte historique, c’est essentiel.

Entretiens. Zin TV : Télévision alternative

Zin TV est une WebTV collaborative, trait d’union entre le tissu associatif et les citoyens. Son équipe couvre l’actualité au-delà de tout formatage et mène une réflexion continue sur l’indépendance des (...)

L’info télé, scénario du déjà-vu, entretien avec Gérard Leblanc

La scénarisation de l’information est très proche du modèle judiciaire : on part presque toujours d’une infraction à un ordre présumé normal du monde.

Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Des jeunes en colère

Le capitalisme a toujours su faire de nous des individus indécis. C’est le but de sa méthode : nous faire comprendre que nous ne sommes pas un corps collectif, mais des individus qui ont chacun leur (...)

Donald l’imposteur, le retour

Ariel Dorfman : Cela m’intrigue énormément de constater que nos idées, forgées dans la chaleur et l’espérance de la révolution chilienne, ont fini par arrive ici au moment même où certains USAméricains (...)

Nouvel entretien avec Fritz Lang (1964)

On doit, certes, combattre en vue d’un résultat, mais un résultat n’est jamais définitif, n’est pas le terme du combat. Si vous avez atteint quelque chose, ce n’est pas une raison pour vous arrêter là. (...)

Manifeste de la Permanence Vidéo des Luttes Sociales

Afin d’ouvrir une brèche dans le paysage audiovisuel nous nous avons mis en place un axe informatif et participatif au sein de ZIN TV qui accompagne et stimule les mouvements (...)

Le journal de David Holzman

David Holzman n’existe pas. Devant la caméra, un acteur a endossé ce rôle et la réalisation assurée par Jim McBride, débutant là une carrière dont la visibilité sera réelle dans les années quatre-vingt. (...)

Histoire du cinéma nazi de Francis Courtade et Pierre Cadars

il n’est guère question d’oublier que le cinéma nazi a d’abord été nazi. Les auteurs précisent la différence entre "cinéma de divertissement" et "films de propagande" plus ou moins directs "où l’idéologie (...)

M le Maudit : entretien avec Fritz Lang & Peter Lorre - 1932

Il faut avant tout faire du cinéma. On ne parle pas tout le temps, dans la vie, mais on ne dose pas non plus avec méthode les périodes de silence ou d’éloquence... On ne fait pas un vacarme (...)

La puissance du krump

Ces corps ne sont pas des slogans mais dansent jusqu’au bout des doigts. Il y a de l’exorcisme dans ces gestes de la fulgurance, pour sortir le corps de la cage des (...)

Conseils en manif - septembre 2017

Prenons nos précautions quand on sort pour une manif, une action, ou autre. Face à la police, face à la justice... réduisons les risques ! Quelques conseils...

La révolution des images (1830-1914), par Benoît Peeters

8 conférences donné par Benoît Peeters où il analyse les mutations fondamentales qu’ont connues les images entre 1830 et 1914, en devenant reproductibles et séquentielles, puis (...)

Entretien avec Alfred Hitchcock

La raison pour laquelle je me suis, disons, spécialisé dans le suspense est une raison strictement commerciale. Le public attend de moi un certain type d’histoire et je ne veux pas le (...)


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Entretien avec Christina Siganidou, journaliste à l’ERT (TV publique grecque) : « C’est un véritable climat de guerre »

Christina Siganidou, est journaliste à la télévision publique grecque ERT3 de Thessalonique qui vient de fêter sa réouverture il y a quelques jours. Au cours d’un entretien le 1er juillet dernier, elle revient sur l’expérience autogestionnaire1 qu’elle a vécu au cours de ces deux dernières années et nous donne son sentiment sur le contexte historique dans lequel ERT3 retrouve l’antenne.

Avant de rentrer dans le vif de l’actualité, je voudrais faire un petit flash-back. Juin 2013 le gouvernement Samaras décide de fermer l’ERT et vous vous retrouvez à un petit groupe de salariés totalement opposés à cette fermeture, jugée par beaucoup comme liée à des raisons plus politiques qu’économiques. Vous avez décidé de résister et de maintenir la chaîne en auto-gestion. Alors comment s’est crée ce front de résistance ? Et comment avez-vous personnellement vécu cette entreprise ?

C’était une aventure terriblement intéressante. Un évènement qui a changé nos vies. Cela a commencé par de la rage face à l’injustice. On voulait montrer notre dignité, sans crier, juste avec notre travail. Et petit à petit c’est devenu un grand mouvement de résistance. Et justement ici, cette salle dans laquelle nous nous trouvons c’était vraiment le coeur de la résistance. D’ailleurs instinctivement j’ai voulu revenir ici pour discuter avec toi. C’était le coeur du combat. On travaillait jour et nuit en interaction constante avec les mouvements de base. On croyait à ce moment être en guerre mais la vraie guerre en réalité c’est maintenant.

Et donc vous avez fonctionné sur un modèle autogestionnaire avec l’assemblée générale comme instance de décision. Avec un peu de recul, que pensez-vous que ce fonctionnement ait apporté ?

Beaucoup de maturité. Le sentiment de perdre nos peurs. C’est une période révolue aujourd’hui mais qui nous a apporté un grand sentiment d’émancipation et nous a donné confiance dans nos capacités. Aujourd’hui pour nous rien n’est pareil. Les gens qui ne se sont pas battus avec nous ont le sentiment que nous avons repris là où nous en étions il y a deux ans. Mais ça n’est pas le cas. Nous avons changé, nos esprits ont changé, nos choix de sujets ne sont pas les mêmes. Nous avons des liens beaucoup plus profond avec les gens qui veulent s’exprimer et n’en ont pas la possibilité. Car la société grecque est divisée. Et les médias dominants font une énorme propagande. Les médias, les banques et le milieu politique forment un triangle de corruption que le nouveau gouvernement souhaite rompre. Mais il se trouve confronté à une horrible propagande de la part de tous les médias. On le voit encore avec le référendum. Syriza souhaitait s’attaquer à l’opacité qui existe dans les médias privés, mais force est de constater que pour le moment il n’y parvient pas du tout. Certains ministres vont maintenant donner des interviews sur leurs plateaux. Rentrer dans leur jeu c’est les reconnaitre. Je ne nie pas qu’il y ait une bonne intention de la part du gouvernement, mais pour le moment la situation est telle qu’ils ne sont plus dans cette optique.

J’ai lu que suite à l’élection de Syriza, qui s’était engagé à rouvrir l’ERT, vous avez soumis au gouvernement la proposition de continuer à fonctionner sur une base autogestionnaire ?

Oui effectivement et ça n’a pas été accepté. Il y a eu des frictions et les solidaires - nom donné aux personnes qui n’étaient pas employés par l’ERT mais qui on rejoint le projet en autogestionnaire - étaient notamment très déçues. D’ailleurs ils n’ont pas pu embaucher les anciens solidaires. Et aujourd’hui l’activité a repris mais il n’y a pas d’argent. Il y a juste de quoi payer les salaires, mais il n’y a aucun budget pour les programmes. On doit donc de nouveau se tourner vers des mécènes pour pouvoir fonctionner.

Est-ce que toutes les personnes qui étaient employées avant 2013 ont demandé leur réintégration ? J’ai lu que les conditions de réembauche ne sont pas idylliques : on parle de salaires revus à la baisse et du remboursement des indemnités de licenciement que vous aviez reçu au moment de la fermeture. Qu’en est-il exactement ?

Tout le monde a préféré revenir à l’ERT car il est extrêmement difficile de trouver du travail. Donc il n’est pas vraiment possible de refuser cet emploi. Pour ce qui est des salaires on ne le sait pas encore nous-mêmes. Lorsque la loi qui déclare la réouverture de l’ERT a été publiée au journal officiel nous avons reçu la somme de 1000 euros. En principe, nos salaires ont été versés ces derniers jours mais avec la fermeture des banques nous ne savons pas réellement ce qu’il en est et pour le moment nous n’avons pas reçu de fiche de paie. Concernant les indemnités de licenciement, seules quelques personnes, qui avaient beaucoup d’ancienneté, avait reçu une réelle indémnité de licenciement. Ils ont effectivement dû la rembourser. Mais la plupart d’entre nous n’avions reçu que 4 mois d’indemnités. Nous ne sommes donc pas tenus de les rembourser.

Alors que vous souhaitiez le maintien du fonctionnement autogestionnaire, non seulement il y a un fonctionnement vertical mais en plus c’est Lambis Tagmatarchis, ancien PDG sous l’ère Papandréou, qui a été nommé comme directeur. Dans ces conditions, est-ce que vous êtes en position de maintenir une ligne éditoriale proche des mouvements sociaux comme ce fut le cas au cours de ces deux dernières années ?

Oui effectivement cette nomination a été une grande déception. Et le nouveau combat qui s’offre à nous va être de garantir le maintien de cette proximité avec les mouvements de base. Mais à vrai dire nous n’en sommes pas encore à ce stade. Tout cela on le verra à l’issue du référendum car pour le moment la priorité est à cette actualité. Ce que nous vivons ces derniers jours c’est un véritable climat de guerre. Plus que tout ce que nous avons connu avant.

Par Emilie Paumard
Source de l’article : CADTM

Intervention de Christina Siganidou présentée par Virginie Sassoon from W(e)Talk | Wetalk on Vimeo.


En Grèce, « une nouvelle page s’ouvre » pour la télévision publique

L’ex-groupe audiovisuel public grec devrait réouvrir sous l’ère Syriza. Ses salariés veulent garder l’ADN de résistance qu’ils se sont forgés pendant l’année et demie de leur lutte.

1er février 2015, par Erwan Manac’h, Marie Chambrial

Depuis la fermeture de leurs faisceaux en juillet 2013, une poignée d’ex-employés de la radio-télévision publique grecque, ERT, continuaient d’émettre sans salaire (lire notre reportage).

La victoire de Syriza, qui promettait la réouverture du réseau, ouvre une nouvelle ère pour ses employés. Le point avec Christina Siganidou, journaliste de l’ERT à Thessalonique.

Quelle est l’ambiance depuis dimanche, en Grèce et spécialement à l’ERT ?

Il y a une ambiance de réjouissance et de soulagement, le sentiment qu’une toute nouvelle page s’ouvre devant nos yeux. Chez nous, à l’ERT, tout le monde est venu le soir des élections pour partager sa joie avec les anciens collègues.

Alexis Tsipras a promis la réouverture de l’ERT. Comment vont se passer les jours qui viennent ? Avez-vous déjà des contacts avec le gouvernement ?

Pour le moment nous attendons, avec la priorité de produire un produit audiovisuel de top niveau. Il y a aussi l’enjeu de l’audience. Depuis trois mois, plusieurs villes en Grèce nous reçoivent sur leurs écrans, en plus de la réception via internet. Nous devons donc avoir l’image d’une chaine professionnelle, digne de redevenir la radio-télévision publique de la Grèce.

Aux législatives de dimanche dernier, trois anciens travailleurs de l’ERT ont été élus au Parlement. Nous avons donc les meilleurs tuyaux pour avoir un dialogue de près avec le gouvernement.

Si réouverture il y a, allez-vous conserver votre organisation en autogestion ?

Nous avons eu une nouvelle assemblée générale au lendemain des élections. Cette fois-ci, nous étions vraiment nombreux. Notre souci commun était de formuler un texte pour dire de manière solide notre souhait de continuer de fonctionner avec notre modèle d’autogestion. Garder notre voix indépendante du pouvoir, où les journalistes ne reçoivent aucune censure.

L’ERT était devenue, entre autres, une caisse de résonance pour les luttes des Grecs. Souhaitez-vous conserver cette ligne dans votre futur projet éditorial ?

Il va de soi que notre futur projet éditorial ne peut pas changer. Nous avons formé une famille avec tous les mouvements de base, qui ont été nos alliés.

Il y déjà, le deuxième jour, l’engagement du gouvernement, de réembaucher les gardiens d’écoles et une décision très favorable de la Cour pour les ouvriers de la cimenterie de Chalkis.

N’avez-vous pas peur de devenir la chaîne de Syriza ? Comment pourrez-vous garantir votre indépendance ?

Il n’ y a pas de peur, notre combat a été trop solide, mur et consistant pour être manipule !

Source de l’article : blog passages


La Grèce rallume le poste
Par Jean-Claude Renard – 24 juin 2015

Hasard du calendrier ? Sans doute pas. Ce jeudi 11 juin, à 6 heures du matin, Elliniki Radiofonia Tileorasi (ERT) a de nouveau émis, non sans émotion sous l’hymne national, depuis ses locaux historiques au nord d’Athènes. Tout juste deux ans après sa fermeture, le 11 juin 2013. Une décision brutale alors, sans préavis, du précédent gouvernement conservateur d’Antonis Samaras, qui avait soulevé l’indignation des Grecs et partout en Europe.

Avec ses trois chaînes et ses stations radio, comptant près de 2 650 salariés, le groupe public était accusé de mauvaise gestion, de personnel pléthorique, de gaspillages. Sous prétexte d’économies sur le nombre de ses fonctionnaires, l’État privait ainsi sa population d’une source majeure d’information. Il se débarrassait surtout d’un regard critique sur son régime, au profit des seules chaînes privées. La Grèce devenait le seul État membre de l’Europe sans audiovisuel public, contrairement à un principe élémentaire inscrit au traité d’Amsterdam. Un mois plus tard, le Conseil d’État grec avait imposé le retour à un service public. Au forceps, rafistolé avec quelque 500 personnes pour assurer les maigres programmes proposés (non sans créer des tensions entre les salariés restés sur le carreau, dans une totale précarité, et ceux qui ont poursuivi leur collaboration). Une télé rebaptisée « DT », avant de prendre le nom de « Nerit », faite de rediffusions de films des années 1960 et 1970, de documentaires et de magazines musicaux, avec un journal tournant à la propagande. Deux ans de simulacre de télévision publique, c’est long.

Le rétablissement d’ERT était l’une des promesses électorales de Syriza. Fin avril, sous la houlette du parti majoritaire, le Parlement donnait son feu vert (Nouvelle Démocratie, le parti de droite, a voté contre). C’est maintenant chose faite. L’audiovisuel retrouve l’antenne et son nom. Selon la loi, le coût de l’ERT s’élèverait à 60 millions d’euros par an, contre 300 millions avant sa fermeture. Son financement sera assuré par une redevance fixée à 3 euros par mois (elle était de 4,20 euros en 2013). Ce ne sont pas moins de 1 550 salariés qui sont maintenant réintégrés. C’était une autre promesse d’Alexis Tsipras. Encore faudra-t-il effacer les tensions et les aigreurs entre ceux qui avaient été licenciés et ceux qui ont continué avec la télé de Samaras, tandis que les coûts de fonctionnement ont été revus à la baisse : le salaire moyen à ERT tourne autour de 700 euros par mois. Même les stars et les cadres ne dépassent pas les 3 000 euros mensuels. Dans un contexte économique évidemment lourd, il a été demandé à ceux qui avaient été licenciés en 2013, et maintenant de retour, de rembourser leurs indemnités. De quoi faire grincer les salariés, a fortiori quand ces indemnités ont tout simplement permis de survivre durant ces deux années.

Restent que les programmes ont repris des couleurs : économie et politique, documentaires, débats sur l’actualité et des journaux télé. En toute indépendance surtout. « Cela tient aussi à nous, relève Christina Siganidou, journaliste à ERT, spécialisée dans les affaires européennes et présentatrice d’un JT. Nous ne sommes plus une masse anonyme, qui va chercher son salaire, sans rien dire. On s’est battus pour un média libre. » En attendant, il faut faire avec les moyens du bord. « Tout dépend de l’ambiance qui va régner, observe encore Christina Siganidou. On peut faire de la télé intéressante, si les gens sont motivés. Voilà le pari pour les futurs dirigeants. » D’autant que devant le poste, « le public a rajeuni. Comme on n’avait pas de fréquences officielles, il a découvert la communication via Internet, pour s’informer ». Le chantier de reconstruction sera donc long. « On a mené des batailles amères mais, au fond, on sait que les gens sont avec nous, solidaires des mouvements de base. On a forgé un lien magnifique avec la société, conclut Christina Siganidou. Nous nous sentons entourés, et les gens sont heureux de revoir le logo d’ERT sur leur écran ! »

Source de l’article : POLITIS

« Notre histoire n’est pas marginale » from Passages on Vimeo.



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