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Films + rencontre - Nelson Makengo, documentariste congolais

mercredi 7 mars 2018 / 
19h30 Cinéma Aventure. Galerie du Centre 57 (rue des Fripiers), 1000 Bruxelles

Films + rencontre - Nelson Makengo, documentariste congolais
mercredi 7 mars à 19:30 - 21:30
Cinéma Aventure
Galerie du Centre 57 (rue des Fripiers), 1000 Bruxelles

Sélection de courts-métrages + rencontre

Une porte d’entrée dans l’imaginaire d’un jeune artiste congolais, des courts-métrages documentaires urbains qui respirent la fraîcheur et une volonté de partage à chaque plan...Il n’en fallait pas plus pour que l’asbl Le P’tit Ciné - Regards sur les Docs ait envie de vous faire découvrir l’univers de Nelson Makengo.

Actuellement accueilli en résidence au WIELS, à Bruxelles, Nelson Makengo sera présent pour accompagner ses films.

Rencontre animée par Rosa Spaliviero, programmatrice indépendante.

Programme complet : www.leptitcine.be

En partenariat avec la SCAM, le Goethe Institut Kinshasa, le Wiels, le cinéma Aventure et la Fédération Wallonie Bruxelles


Depuis qu’il a terminé l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa en 2015 alors qu’il espère faire une école de cinéma – inexistante dans son pays, Nelson Makengo n’a cessé de réaliser des films en autodidacte. Nous aurons le plaisir de partager avec lui une série de 5 courts-métrages durant cette rencontre inédite à Bruxelles.

Comment le regard d’un jeune congolais se déploie dans ce territoire urbain, qu’est Kinshasa, mégapole d’une dizaine de millions d’habitants ? Avec audace et détermination. Réalisés sans beaucoup de moyens, ses films se développent dans le partage et la recherche. A la fois réalisateur, preneur de son, monteur, producteur et réalisateur de la plupart de ses films, le cinéma est tout d’abord pour Nelson un outil d’expression.

Son premier film documentaire, Milinga, révèle avec délicatesse les paroles fragiles de Géraldine Tobe, accusée de sorcellerie par sa propre famille durant son enfance. Aujourd’hui, Géraldine est une jeune artiste plasticienne qui représente son pays à la prochaine édition de la Biennale de Dakar. Comme pour Nelson, l’expression artistique devient une forme de résistance à la difficulté et à la précarité ambiante.

Nelson cherche encore le courage d’un autre personnage dans son film documentaire suivant. Tabu est un jeune kinois qui affronte le quotidien harassant de la ville. Il la parcourt dans la nuit profonde afin de vendre ses aphrodisiaques. Sans détours, la caméra de Nelson capte l’instantané d’échanges plutôt hilarants entre hommes. Entre la dureté du quotidien et l’humour, Tabu propose un regard spontané sur la complexité de vivre à Kinshasa. Il est projeté la première fois à la Cinematek de Bruxelles en juin 2017, à l’occasion de l’hommage au cinéaste Kiripi Katembo Siku, son premier mentor en cinéma. Récemment, le film a été sélectionné en compétition au Festival de Clermont Ferrand en France.

Lors d’une formation à l’université d’été à la Fémis, il réalise un petit film avec son téléphone portable. Son propre sourire alors qu’il accompagne un groupe de militants parisiens durant une manifestation dans Souvenir d’un été donne à comprendre au spectateur que la liberté d’expression est un pur bonheur, quand on vient d’une société étouffée, où l’espace de la parole publique est annihilé. Souvenir d’un été est diffusé notamment au Brésil au Sao Paulo International Short Film Festival.

Au fil des réalisations, l’écriture cinématographique de Nelson se veut de plus en plus expérimentale : partant d’un geste documentaire, on découvre une recherche de langage au niveau de la mise en scène, du son et du montage.

Faut-il dire qu’à Kinshasa, il est nécessaire parfois de trouver des stratagèmes pour filmer dans l’espace public, comme celui de faire parler un acteur avec des figurines qui se promènent dans une voiture en fil de fer, pour ouvrir le dialogue avec les kinois sur la figure historique de Kimpa Vita, résistante à la colonisation au 17è siècle. Dans Théâtre urbain, la ville devient un terrain de jeu, où des faits marquants de l’histoire congolaise se discutent aux abords des rues. Est-ce que le cinéma peut remplir la coquille vide dans la transmission des mémoires d’un pays ?

A Lubumbashi, en résidence à l’atelier Picha entre juillet et septembre 2017, Nelson réalise son dernier film E’ville (raccourci pour Elisabethville, nom donné à la ville avant 1960). Un film en strates, qui superpose ambiances musicales, archives sonores, images et fantômes, où le réalisateur nous fait visiter un cercle sportif abandonné de la Gécamines (Société générale des carrières et des mines). Il juxtapose les images d’un lieu vide au poids de l’Histoire, à travers un récit intime en off : une lettre ouverte de Lumumba à sa femme. La désolation du lieu se déploie sous l’impulsion des voix et des corps qui le traversent. Mêlant l’intimité familiale à l’Histoire, le film nous plonge dans la mémoire collective du pays. E’ville est diffusé pour la première fois à Bruxelles, après avoir été présenté en installation vidéo pendant un mois durant la 5ème édition de la Biennale de Lubumbashi.

Multiples sont les sujets et les démarches esthétiques qui représentent le cinéma naissant de Nelson Makengo. Son regard neuf et pertinent sur son environnement nous saisissent d’une fraîcheur nouvelle venant du cinéma congolais contemporain. Ne perdez pas cette occasion exceptionnelle de le rencontrer !


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