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Wim Wenders : La Logique des images

Une fois que le langage du cinéma a été mis au point, il a pris son autonomie et il a quitté le terrain d’où il venait — à savoir la définition effective de la réalité, la présentation de l’extérieur dans (...)

Andrzej Wajda : Le découpage, hier et aujourd’hui

Au cours des années 1950, celles de ma jeunesse, l’équipe du film fêtait le centième clap. Personne ne s’aperçoit aujourd’hui que l’on a dépassé le cinq centième. La quantité des prises s’est énormément (...)

Sermon de Wajda aux élèves-cinéastes de Lodz

Il y a deux choses que vous devez savoir : dois-je tourner de près ou de loin, dois-je m’attarder ou non sur ce plan ? Si vous avez la réponse à ces questions, vous pouvez tout (...)

Ronnie Ramirez. Debout, caméra au poing

Notre envie est de stimuler ceux qui se mobilisent, de faire prendre conscience à la société civile qu’elle doit s’approprier un média sous peine d’être dépossédée de son (...)

ZIN TV : un projet média pour une vraie représentation et une diversité de regards

Recueil à partir d’un entretien réalisé avec trois acteurs de Zin TV (Anne-Sophie Guillaume, Ronnie Ramirez et Maxime Kouvaras)

Joris Ivens, Borinage

Le cinéaste doit d’abord être indigné devant l’exploitation de l’homme par l’homme, avant de chercher le bon angle de vue pour filmer la saleté et la vérité.

Joris Ivens, Moscou 1930-1932

J’avais rencontré là un problème qui devait se poser bien souvent par la suite : comment filmer des hommes au travail ? Comment restituer leur effort ou leur habileté en évitant d’utiliser les effets (...)

Joris Ivens et le passage au 16 synchrone

J’ai abandonné le format 35 mm avec lequel j’avais réalisé tous mes films et je me suis lancé dans l’aventure du 16 mm sonore. Pour moi c’était une véritable révolution. En même temps, j’en ai aussi senti (...)

Confessions techniques de Pasolini

Rien n’est jamais acquis une fois pour toutes. Écrire des livres, tourner un film, vous donne chaque fois une peine terrible et disproportionnée. Les crises donnent toujours l’impression, après, (...)

Cinéma parallèle

La préoccupation la plus aigüe est la survie du cinéma parallèle. Né sous l’effet de la guerre d’Algérie, il ne faudrait pas qu’il disparaisse avec elle.

Dove, une image qui trompe énormément

Dove a-t-il réellement voulu diffuser un clip raciste ? Plutôt étrange de la part d’une entreprise attachée à la promotion de la diversité.

UZIN, la fabrique des idées. On en parle avec ZIN TV

Décoder une image, c’est s’interroger sur quand elle a été créée, qui l’a créée, et à qui elle est adressée. Ancrer dans un contexte historique, c’est essentiel.

Entretiens. Zin TV : Télévision alternative

Zin TV est une WebTV collaborative, trait d’union entre le tissu associatif et les citoyens. Son équipe couvre l’actualité au-delà de tout formatage et mène une réflexion continue sur l’indépendance des (...)

L’info télé, scénario du déjà-vu, entretien avec Gérard Leblanc

La scénarisation de l’information est très proche du modèle judiciaire : on part presque toujours d’une infraction à un ordre présumé normal du monde.

Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Des jeunes en colère

Le capitalisme a toujours su faire de nous des individus indécis. C’est le but de sa méthode : nous faire comprendre que nous ne sommes pas un corps collectif, mais des individus qui ont chacun leur (...)


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La Poésie comme forme de résistance, par Linton Kwesi Johnson

"La Poésie comme forme de résistance"

Conférence donnée par Linton Kwesi Johnson à l’occasion du Salon du Livre de la Guadeloupe le 24 avril 2002 au Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre.
Transcription effectuée par la Médiathèque Caraïbe (Manuel "Asaliah" Reinette) avec l’aimable autorisation de l’auteur et du traducteur.
Traduction : Annick Benjamin

Les poèmes dits par Linton Kwesi Johnson à l’occasion de cette conférence sont reproduits en audio.


Le thème de notre rencontre ce soir est la poésie comme forme de Résistance. Je pensais que mon publique serait plus jeune ! Même si je suis plus vieux que je ne le penses !!! Ce que je suggère comme déroulement avant que je vous fasse une présentation de mes débuts dans la poésie ; Les poètes qui ont particulièrement marqués mon travail à mes débuts…

Ensuite je vous propose de réciter cinq ou six poèmes, puis je répondrai à vos questions. Donc mon arrivé dans la poésie a été la conséquence de mon implication dans le mouvement radical noire en Angleterre. Quand j’étais jeune, j’ai participé au mouvement des Black Panthers. C’était donc une organisation qui s’intéressait au sort de la population noire et au combat face au racisme en Angleterre.

Croyez-le ou non, mais jusqu’à l’âge de dix-sept ans, je ne savais pas qu’il existait une littérature noire ! Il n’y avait rien dans les programmes scolaires qui s’apparentait à la littérature noire. C’est à travers le mouvement du « Black Panther » que j’ai découvert des livres écrits par des noirs sur le peuple noire. Pour moi ce fut une découverte absolument faramineuse ! Et un des premiers ouvrages que j’ai eu en mains, a été écris par W.E.B Dubois qui s’appelle « L’âme du peuple noir ». Dubois était un universitaire afro américain ; et ses ouvrages s’intéressaient à la période « post-émancipation » chez les noirs américains.Et bien que ses sujets portaient essentiellement sur l’expérience des noirs aux Etats-Unis, je pouvais donc me reconnaître à travers ce qu’il disait. Je me souviens de deux choses spécifiques dans ce livre, Dubois parlait de l’ombre de ce voile qui est devant les yeux du peuple noir.Il disait aussi que le problème majeur de ce vingtième siècle était un problème de race ! Toujours est-il que la lecture de ce livre a fait émerger en moi le désir de parler de mon expérience en tant que jeune noir en Angleterre.

Parmi les poètes qui m’ont le plus marqué au départ étaient pour certains du mouvement littéraire « Harlem renaissance ». Des gens comme Langston Use, et plus tard des gens comme Gwendoline Brooks. C’était là des poètes qui affirmaient leur identité noire. Un autre groupe de poètes qui a attiré mon attention lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la poésie a été les poètes du groupe de la négritude. Des gens comme Senghor du Sénégal, Diop du Sénégal aussi, Depestre d’Haïti, Damas du Guyana ; et celui qui a eu la plus grande influence sur moi a été Aimé Césaire de Martinique !
Et en fait lorsque je suis parvenu à la fin de ma lecture du cahier de retour au pays natal, j’étais complètement sous les effluves de la folie des mots !

Donc en fait mon attirance était pour toutes poésies qui faisaient part de l’expérience des noirs. La poésie qui émergeait des luttes anti-coloniales ! La poésie qui était sous forme de résistance contre l’oppression ! En gros, on pourrait résumer ça en poésie politique… Lorsque j’ai commence à essayer de trouver ma voix, pour moi l’écriture était un acte politique ! J’essayais de trouver des manières d’agencer les mots à travers les vers pour articuler la colère et l’expérience des jeunes de ma génération. Un ami frère et poète a cité il y a très peu de temps des vers d’un poète caribéen… Un poème donc de Derek Walcott de St Lucie, et le poème disait et je cite : « Changer de langue c’est changer de vie ! » Quand j’ai décidé d’essayer de trouver ma propre voix en tant que poète, j’ai fait un choix sur la langue. Ceux d’entres-vous qui sont relies avec tout le mouvement de la créolité pourront bien comprendre quel cheminement j’étais en train de connaître… J’ai fait le choix d’être vrai par rapport à mon passé ainsi que par rapport au contexte social et linguistique dans lequel j’avais été élevé en Jamaïque où je suis né.

J’ai aussi pris la décision de ne pas imiter le rythme et les séquences et la manière de versifiée de la poésie anglaise. Et donc j’allais faire appel pleinement à la culture populaire de laquelle je tirais tout mon fondement pour l’amener à dire ce que je voulais dire par écrit. Bien sûr ! En tant que jeune je me disais, que je suis un grand radical & révolutionnaire ! Bien des poètes avaient déjà dégagé le chemin pour moi… Louise Bennet grâce à qui on a pu finir par admettre le langage populaire envers l’impopulaire jamaïcain commettant un langage légitime pour la poésie et les activités nobles. Il y avait aussi Kamau Brathwait de Barbade qui avait déjà claironné depuis très longtemps que le cyclone ne ravage pas selon le rythme de la versification anglaise et que quand il arrive il dégage ! Et c’est dans ce mouvement qu’il avait largement rejeter ce que l’on appelle la soi-disant poésie classique du dix neuvième siècle en Grande Bretagne. Je dois une fière chandelle à Kamau Brathwait parce que c’est lui qui a ouvert les voies, qui a tracé le chemin et qui a montré la lumière.

Mes parents et leur génération ont été décries par John La Rose comme la génération héroïque parce qu’ils ont été les premiers arrivants parmi les immigrants en Grande-Bretagne dans les années cinquante et début soixante. On les disait héroïques parce qu’ils ont pus parvenir à faire de grandes choses en dépit des conditions tout à fait adverse.Et leurs possibilités de manifester contre le racisme et les conditions qu’ils subissaient étaient particulièrement limités parce qu’ils avaient l’obligation de ramener le pain sur la table pour nourrir leurs enfants. Je fais partie de la génération rebelle ; nous n’avons eu aucune contrainte nous empêchant de lutter et de réagir ! Puisque nous n’avions pas de responsabilités. Le poème que je voudrais vous réciter maintenant décrit un fragment de cette génération rebelle. Et à un certain moment on l’a décrit sous le terme de « lumpen prolétariat »… C’est un poème qui s’appelle “ It Noh Funny ! ” :

Ecoutez : "It Noh Funny" par Linton Kwesi Johnson (1’38)

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Ensuite le poème que je viens de vous réciter porte sur les problèmes que ma génération a connu avec une loi en Grande-Bretagne qui s’appelait : la loi « SUS », qui veut dire que l’on pouvait arrêter les gens simplement par suspicion. Elle faisait partie d’une loi anti-vagabondage qui datait du 19ème siècle venant de Grande- Bretagne. C’était donc une loi qui avait été éditée pour contrôler tout mouvement venant du prolétariat, de la classe ouvrière blanche en Grande-Bretagne.

Cette loi était en sommeil depuis bien des années, on ne l’utilisait pas, on ne s’en servait pas ; jusqu’au jour où on l’a fait émerger pour l’utiliser comme outil d’attaque contre les jeunes de ma génération. Invariablement vous pouviez vous faire arrêter & envoyer en prison pour motif d’avoir essayer de subtiliser des choses appartenant à des personnes inconnues. Ils ne produisaient jamais la soit disant victime qui venait vous accuser !

La seule chose q’un policier avait pour vous faire inculper était de convaincre le juge et le magistrat, que dans son fort intérieur il était fondé à penser que manifestement vous aviez probablement l’intention de commettre un acte délictueux.C’est ainsi qu’une large section des jeunes de ma génération a été totalement la victime des mesures & méthodes racistes policières pendant toute une période en Angleterre.

Ce poème retrace cette expérience. Il à la forme d’une lettre écrite par un jeune en prison à Brixton à sa mère dans la caraïbe. Et l’auteur de la lettre essaie d’expliquer à sa mère les raisons ayant entouré son emprisonnement et celui de son frère. Ecoutez : "Brixton Prison" par Linton Kwesi Johnson (2’25)

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Je suis donc de Brixton, dans la partie sud de Londres. Nous avons une large communauté noire& pour beaucoup issue de la Jamaïque.

En 1981, il y a eu une certaine rébellion ! Celle-ci fut le résultat d’un certain nombre d’années d’oppression qu’avaient subi les gens ! 81 a été une année décisive pour la communauté noire en Angleterre. En Janvier 81, il y a eu donc 13 jeunes noires qui avaient perdus leurs vies dans un incendie qui manifestement selon tout le monde avaient été causées par des racistes ! En fait, ce sont les policiers eux-mêmes qui avaient révélé aux parents d’un des enfants qui étaient morts, que c’était un incendie criminel volontaire !Cet incident s’était produit dans un quartier que l’on nomme “New cross”, et très rapidement on s’est mobilisé pour mettre en place le comité contre le massacre de New cross. Et en 48 heures la police sans enquête préliminaire formelle, a brusquement sorti un communiqué déclarant que ce n’était pas un incendie criminel !

Et à partir de cet instant là, ils ont passes toutes leurs énergies à lutter contre le comité qui s’était monté plutôt qu’à faire jaillir la vérité sur les actes mêmes.Ce fût au mois de Janvier 1981. En Mars, le comité a rassemblé 20.000 personnes pour une marche jusqu’à « High Park » au centre de Londres pour protester contre le massacre de ces 13 jeunes et la manière dont les choses avaient été prise en main ou non prise en main par les autorités. Et bien sûr pour exiger a justice !

Un mois après en Avril 81 à Brixton qui est le quartier où j’habite, la police a monté une opération qu’ils appelaient « Opération Marécage’81 » ; où ils ont commencé à harceler et intimider littéralement la population noire dans ses activités quotidiennes. Et c’est ce qui a déclenché en fait les émeutes de Brixton.

Je décris donc ces évènements dans ce poème que j’ai appelé : « La grande insurrection » !

Ecoutez : "Di Great Insohreckshan" par Linton Kwesi Johnson (1’43)

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Le poème suivant, est un poème que j’ai écrit pour exprimer mon inquiétude face à des incidents qui se produisent très souvent lorsque les noirs sont aux mains de la police & qu’ils meurent pendant qu’ils sont en détention provisoire. Pendant toute une période il y a eu une montée extraordinaire de ces cas de morts de gens qui étaient arrêtés & gardés en garde à vue par la police et qui décédaient dans des conditions mystérieuses… Les autorités ne se prononçaient pas dessus et ne faisaient rien à ce sujet ! C’était comme si il y avait une conspiration silencieuse à propos de tout ça…

Et cette conspiration silencieuse qui perdurait en fait a transmis un faux message à la police qui a pensé que ce silence voulait dire qu’ils avaient le feu vert pour assassiner comme ils voulaient les membres de la population noire !

Donc j’ai écrit ce poème pour attirer l’attention sur ce problème… et ça s’appelle « Droit de tuer ». C’est un dialogue entre 2 amis :

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Source de l’article : La médiathèque Caraïbe



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