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Rencontre avec Yorgos Lanthimos

J’aime pousser les gens à penser différemment et à expérimenter de nouvelles choses.

Les femmes crèvent l’écran

Lorsque les femmes s’emparent de la caméra à l’époque de la « deuxième vague », elles révolutionnent le cinéma.

Gilles Deleuze, le cours

Deleuze : « C’était pour moi, m’a-t-il répondu, un laboratoire, une forme d’expérimentation plus que l’exposé d’un savoir. Vous n’auriez donc rien appris, sauf à entrer dans les difficultés de la pensée (...)

Partager les risques... Entretien avec Florent Marcie

Comment filmer la guerre ? Cette question guide le cinéaste Florent Marcie depuis près de vingt ans. En immersion au plus près des combattants, sa quête l’a mené en Tchétchénie, en Afghanistan, en (...)

Tout oreille

Le vrai problème avec le son, c’est la tendance à l’accumulation (...) Avec le numérique, les pistes se sont multipliées de manière exponentielle. Antoine Bonfanti disait : « Pas plus de pistes que je (...)

Autour de Jean Rouch. Les Maîtres fous.

Par ce passage inattendu du rituel au politique, l’Autre s’est infiltré dans notre culture même, la remettant en question avec un fracas grandissant.

Chris Marker : L’humour est la politesse du désespoir

Lorsque Chris Marker est mort en juillet 2012, à l’âge de 91 ans, c’est à son film La Jetée que l’on a pensé. Réalisé en 1962 à partir de photographies accompagnées d’un commentaire lu par Jean Négroni et (...)

Du document au récit... ou comment déjouer le piège de l’évidence

La sélection de l’expression d’un portrait en fonction de l’angle de l’article, souriant s’il est approbateur, soucieux s’il est critique, constitue le B.a.-ba de l’illustration (...)

Chris Marker et l’Amérique latine : cinéma militant et circulation des idées politiques

Marker établit souvent des parallèles entre ces processus et la situation politique de son propre pays, il s’en sert pour penser de possibles chemins vers le (...)

Chris Marker : un regard sur le Chili

Le réalisateur évoque son intérêt pour le Chili pendant le gouvernement de l’Unité populaire, ainsi que les films sur ce pays auxquels il a participé après le coup d’État de (...)

Mélancolie ouvrière : Mordillat critique les critiques !

Gérard Mordillat revient sur la réception « critique » de son film, diffusé en août 2018 par ARTE. « Cette abdication manifeste de tout sens critique est ravageuse dans la mesure où elle propage l’idée (...)

Extraits choisis du livre : Le Nazisme et la culture, de Lionel Richard

Goebbels insiste bien sur l’idée que la liberté en art n’est autre que celle d’obéir aux principes politiques. Ce qui signifie, en clair, que l’artiste doit se soumettre à l’État, qui est l’émanation de (...)

Pour une télévision qui permette au peuple de discuter avec le peuple

Entretien avec Thierry Deronne, cinéaste et universitaire belgo-vénézuélien

Repenser Plaisir visuel et cinéma narratif à l’ère des changements de technologie, par Laura Mulvey

Regarder des films hollywoodiens au ralenti renforce ces oppositions tout en les mettant à mal. La ligne narrative tend à s’affaiblir si le spectateur a la possibilité de contrôler son déroulement, (...)

Plaisir visuel et cinéma narratif, par Laura Mulvey

L’origine et la nature du plaisir pris par le spectateur au cinéma, ainsi que la manière dont la figure féminine, dans les films narratifs "classiques", est construite pour satisfaire les pulsions (...)


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Le Kerala, de Van der Keuken

Le cinéaste hollandais poursuit son voyage contemplatif à travers le monde. Cette fois, I’Inde.

IL y a des fanatiques de Van der Keuken. Les autres s’endorment. Les images de ce cinéaste hollandais, qui est aussi photographe - c’est important -, sont autant de tableaux, de visions envoûtantes. Mouvement lent de la caméra qui s’écoule comme un fleuve sans remords ni fin. Les plans s’ajoutent aux plans, exigent une patience inusable, un regard tourné vers l’intérieur des choses, leur mystère et essence.

Voir un film de Johan Van der Keuken, c’est un peu comme s’installer devant un feu et regarder les flammes qui dansent. Une flamme, une autre, pareille, différente. Le regard, hypnotisé, suit le moindre méandre, le changement dans la fixité, l’évolution irisée de la lumière dans la végétation, le silence d’une barque sur l’eau, le frémissement d’un doigt dans une main-oiseau, les gestes minutieux, collectifs et rituels, on s’assoupit au milieu de la grâce du monde. A la télévision, si peu de récit est une provocation.

Les fanatiques de Van der Keuken peuvent parler des heures de la façon dont le cinéaste approche les êtres, la lumière, le mouvement. De sa conception du temps. Il n’est pas de festival documentaire important sans un film de Keuken. VDK comme disent les initiés, fait partie des grands documentaristes, avec une place à part. C’est un contemplatif Une sorte d’ethnologue qui regarde, regarde, regarde... La qualité de son approche fait que sa caméra, qui reste extérieure, réussit à éviter l’écueil du voyeurisme. Van der Keuken a le sens du sacré.

On a parlé de chef-d’œuvre avec l’Œil au-dessus du puits, tourné avec sa femme, Noskha Van der Lely, au sud de l’lnde, au Kerala, et montré au Cinéma du réel en 1989 (le Monde du 10 mars 1989). Un film sur les travaux et les jours, les cycles de la vie, la culture, la religion, l‘apprentissage des gestes, la valeur d’une civilisation. « A partir de I Love Dollar, écrit-il, le centre de mon attention s’est déplacé du simple besoin de changement à la résistance au changement, qui semble ancrée dans la structure même des sociétés humaines. L’éducation, préalable indispensable au changement, sert aussi à initier chaque nouvelle génération à une échelle de valeurs acquises et renforce la résistance à l’évolution. Ce paradoxe est au cœur même de mon dernier film. »

Van der Keuken n’est pas un révolté, il ne voit dans le monde que sa beauté.
Il scrute avec fascination les corps qui dansent, se plient, s’étirent, les petits métiers de la rue, l’activité des villages, les volets roulants ornés de superbes peintures, le bric-à-brac des échoppes, le rituel de la prière, des ablutions. L’apprentissage. Familles pratiquant les arts martiaux, enfants qui chantent les versets sacrés, la tête manipulée à droite, à gauche, par le maître (extraordinaire séquence !).Gestes collectifs saisis dans leur quotidienneté et durée. En plans très cadrés.

L’oppression, la misère, ne semblent pas le déranger. S’il les rencontre (comment faire en Inde pour les éviter), il les fixe avec la même intensité. Image très dure des culs-de-jatte montrés sans gêne par le cinéaste : misérables petits tas compacts, réduits, vivants, sur les trottoirs. Van der Keuken filme comme on prend des photos. On prend, on part. Chaque image est unique, magique, traduit une volonté de mise en ordre du monde esthétique, sans conscience politique. (…) L’Inde de Van der Keuken est d’une beauté folle et saisissante, très loin des Nilita Vachani, Manjira Datta, Deepa Dhanraj, Sanjiv Shah, toute cette génération de documentaristes indiens indépendants qui veulent changer la société en en dénonçant les injustices (…).

CATHERINE HUMBLOT



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