24 novembre 2017

Film-débat : La déclaration de Balfour un siècle plus tard

19h Rue du Méridien 10 - 1210 Bruxelles

24 novembre 2017

Conférence : Révolution sociale au Rojava ?

19h Sacco-Vanzetti. 54 Chaussée de Forest, 1060 Bruxelles

24 novembre 2017

Film-débat : Burning out

19h30 Botanique. 236 rue Royale, 1210 Bruxelles

24 novembre 2017

Film-débat : Snowden

20h Botanique. 236 rue Royale, 1210 Bruxelles

24 novembre 2017

Meet the Lumumba Library

20h Rue de la tulipe 69, 1050 Bruxelles

25 novembre 2017

Brunch de solidarité Palestine - Focus balfour

11h Maison Josefa. Rue des drapiers 26 - 1050 Bruxelles

25 novembre 2017

Manif : STOP aux violences envers les femmes

14h Gare du nord - 1210 Bruxelles

25 novembre 2017

Film-débat : Enfants du Hasard

14h30 Le Botanique. 236 rue Royale, 1210 Bruxelles

25 novembre 2017

Conférence de Catherine Samary : Capitalisme par où la sortie ?

15h Rue du Vieux Marché aux Grains 5, 1000 Bruxelles

25 novembre 2017

Grand débat avec Maurice Lemoine : Avec le Venezuela !

17h30 Botanique. Rue Royale 236, 1210 Bruxelles


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Le Parlement européen censure des caricatures grecques

L’eurodéputé grec Stélios Kouloglou (GUE-GVN) et l’eurodéputé français Patrick Le Hyaric (GUE-GVN) ont voulu organiser une exposition pour marquer le 60ème anniversaire de l’Union européenne en demandant à des caricaturistes de délivrer en dessins leur vision l’actualité récente de l’Europe. L’exposition devait se tenir au Parlement européen à partir du 25 septembre Mais sur les 28 caricatures grecques, 12 ont été interdites, une première à la connaissance des organisateurs au sein de l’organe dit "démocratique".

Tout projet d’exposition dans l’enceinte du Parlement européen est soumis à l’autorisation d’un « questeur », c’est-à-dire d’un ou d’une députée agissant au nom du Parlement. Sa mission est de vérifier que ce qui est exposé est bien conforme aux « valeurs européennes » et qu’il ne va produire « aucun effet inflammatoire », selon la terminologie en vigueur, c’est-à-dire, provoquer des polémiques entre pays ou groupes politiques, qui pourraient être préjudiciables à l’unité déjà bien mal en point de l’Europe.

C’est la députée libérale britannique Catherine Bearder, investie de cette fonction de « questeur, » qui vient donc de décréter que douze des caricatures ne répondaient pas aux critères du politiquement correct, selon les normes européennes. Une interprétation que conteste vigoureusement Stélios Koulouglou qui montre les caricatures recalées.« Rire n’est pas une valeur anti-européenne ! » s’insurge le député grec.

Dimitri Georgopalis, un des dessinateurs grecs censurés répond à nos questions :

1) Quelle est votre réaction au fait que le parlement européen, qui se dit "l’organe démocratique de l’UE" ait choisi de censurer votre travail ?

Malheureusement, les institutions principales de l’Union européenne telles que le Parlement européen ont arrêté depuis longtemps de jouer un rôle réel dans l’élaboration de politiques européennes. Le Parlement européen devrait soulever des problèmes tels que la montée du néo-nazisme et de l’euroscepticisme d’extrême-droite dans des pays appauvris par l’imposition de mesures politiques néolibérales extrêmes, la prévalence des perceptions xénophobes et tant d’autres choses. Il devrait être le contrepoids à la politique unidimensionnelle décidée et imposée par l’EUROGROUPE. Au contraire, il choisit de jouer un rôle de « rempart », en s’opposant à toutes les opinions différentes qui cherchent à mettre en évidence les problèmes ci-dessus.

2) Quel message vouliez-vous faire passer par le biais de votre caricature ?

La caricature a le pouvoir de "parler" de sujets tabous. Elle a l’avantage de pouvoir activer la pensée du lecteur, de stimuler ses préoccupations et de lui présenter la réalité d’un point de vue qu’il n’a jamais imaginé. Il fonctionne souvent comme un signal alarme, un avertissement. Plus précisément avec mon croquis qui a été "coupé" (de l’exposition) par la questeur du Parlement européen, je veux mettre en garde contre la mutation de l’Europe dûe à la hausse continue du néo-nazisme. La question des réfugiés a fait ressortir de nombreux débats.

Si les pays du Visegrad (Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie) ne fermaient pas leurs frontières, si des néonazis n’étaient pas actifs au sein du gouvernement hongrois, si la montée de l’extrême-droite dans de nombreux pays européens n’était pas un fait et tant d’autres choses, je n’aurait aucune raison/stimulation de caricaturer autour de ça.
De plus (presque toujours), un croquis est la réaction à une action. Si tout cela n’existait pas, je n’aurais aucune raison de le traiter.
Malheureusement, je pense que les Européens n’écoutent pas nos sonnettes d’alarme - les avertissements de nos croquis. Le résultat des récentes élections allemandes confirme cela. La grande ascension du parti extrémiste néo-nazi AFD est tristement une réalité. Mais, pour notre malheur à tous, Madame la Questeur, la réalité "ne peut être censurée"...

Dimitri Georgopalis nous informe également que son même dessin a été exposé à Maastricht en décembre 2016 dans le cadre de l’exposition "Europe Calling" pour les 25 ans de la signature du traité de Maastricht, sans que le dessin soit censuré...
Les eurodéputés, Stélios Kouloglou et Patrick Le Hyaric ont adressé une lettre au Président du Parlement européen, M. Antonio Tajani, une lettre pour l’heure sans réponse.

Destinataire : M. Antonio Tajani, Président du Parlement Européen

15.09.2017

Honorable Président,

C’est avec grande tristesse que je vous adresse ma lettre, par laquelle je souhaite vous informer d’une tentative de censure sans précèdent au sein du Parlement européen.

Avec mon collègue, Patrick Le HYARIC (GUE/NGL), nous allons organiser une exposition culturelle « EU turns 60 : A Cartoon party » durant la semaine du 25-29 Septembre, dans un des lieux d’exposition du Parlement. A l’occasion du 60ème anniversaire du Traité de Rome, nous souhaitons exposer des caricatures humoristiques et politiques de dessinateurs Grecs et Français reconnus dans leurs pays.

Nous avons soumis à Mme Catherine Bearder, la questeur responsable pour « les manifestations culturelles et artistiques parrainées par les députés », l’ensemble des caricatures que nous souhaitons exposer comme indiqué par les règles internes du Parlement. À notre grande surprise, Mme Catherine Bearder, nous a informés que 12 des caricatures pratiquement la moitié doivent être enlevées du lieu d’exposition.

Mme Bearder a utilisé comme excuse l’article 2-§3 des « règles internes pour les manifestations culturelles et artistiques », qui mentionne que « Dans le cadre de son pouvoir d’appréciation, le Bureau se prononce sur chaque demande individuellement, en veillant au respect de la dignité et de l’image de l’institution et en tenant compte des disponibilités techniques ». De plus, Mme Bearder a mentionné les élections allemandes comme argument supplémentaire pour ne pas exposer les 12 caricatures.

Ci-joint vous trouverez quelques caricatures qui ont été refusées. Comme vous pouvez le voir aucune n ‘est infamante ou irrespectueuse envers les valeurs de l’Union Européenne. Aucune des caricatures ne peut être définie selon l’article mentionné. Nous considérons cette décision comme un acte clair de censure. La liberté d’expression, le droit à la création artistique font partie des valeurs fondamentales de l’Union Européenne et cette décision arbitraire ne les respecte pas.

L’humour politique et la satire sont des éléments essentiels à notre démocratie, depuis le temps d’Aristophane. Seuls les régimes antidémocratiques ne tolèrent pas cela. Deux ans après les meurtres à Charlie Hebdo de l’équipe journalistique à cause de quelques caricatures, notre Parlement a besoin plus que jamais de défendre le droit à la satire, le droit au sourire contre les fanatiques.

J’ai répondu à Mme Bearder que je ne vois aucun lien entre notre exposition et les élections allemandes. En outre, il ne faut pas oublier que l’évènement aura lieu après les élections allemandes.

Avec l’eurodéputé Patrick Le HYARIC, nous pensons fermement que la décision de Bearder est extrêmement dangereuse pour notre démocratie et pour le Parlement européen. Pour l’ensemble des raisons mentionnées, je vous demande instamment de révoquer la décision et d’autoriser l’exposition de toutes les caricatures comme prévu.

Nous vous remercions de considérer notre demande sérieusement.

Sincèrement

Stelios Kouloglou, GUE/NGL

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