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Les femmes crèvent l’écran

Lorsque les femmes s’emparent de la caméra à l’époque de la « deuxième vague », elles révolutionnent le cinéma.

Gilles Deleuze, le cours

Deleuze : « C’était pour moi, m’a-t-il répondu, un laboratoire, une forme d’expérimentation plus que l’exposé d’un savoir. Vous n’auriez donc rien appris, sauf à entrer dans les difficultés de la pensée (...)

Partager les risques... Entretien avec Florent Marcie

Comment filmer la guerre ? Cette question guide le cinéaste Florent Marcie depuis près de vingt ans. En immersion au plus près des combattants, sa quête l’a mené en Tchétchénie, en Afghanistan, en (...)

Tout oreille

Le vrai problème avec le son, c’est la tendance à l’accumulation (...) Avec le numérique, les pistes se sont multipliées de manière exponentielle. Antoine Bonfanti disait : « Pas plus de pistes que je (...)

Autour de Jean Rouch. Les Maîtres fous.

Par ce passage inattendu du rituel au politique, l’Autre s’est infiltré dans notre culture même, la remettant en question avec un fracas grandissant.

Chris Marker : L’humour est la politesse du désespoir

Lorsque Chris Marker est mort en juillet 2012, à l’âge de 91 ans, c’est à son film La Jetée que l’on a pensé. Réalisé en 1962 à partir de photographies accompagnées d’un commentaire lu par Jean Négroni et (...)

Du document au récit... ou comment déjouer le piège de l’évidence

La sélection de l’expression d’un portrait en fonction de l’angle de l’article, souriant s’il est approbateur, soucieux s’il est critique, constitue le B.a.-ba de l’illustration (...)

Chris Marker et l’Amérique latine : cinéma militant et circulation des idées politiques

Marker établit souvent des parallèles entre ces processus et la situation politique de son propre pays, il s’en sert pour penser de possibles chemins vers le (...)

Chris Marker : un regard sur le Chili

Le réalisateur évoque son intérêt pour le Chili pendant le gouvernement de l’Unité populaire, ainsi que les films sur ce pays auxquels il a participé après le coup d’État de (...)

Mélancolie ouvrière : Mordillat critique les critiques !

Gérard Mordillat revient sur la réception « critique » de son film, diffusé en août 2018 par ARTE. « Cette abdication manifeste de tout sens critique est ravageuse dans la mesure où elle propage l’idée (...)

Extraits choisis du livre : Le Nazisme et la culture, de Lionel Richard

Goebbels insiste bien sur l’idée que la liberté en art n’est autre que celle d’obéir aux principes politiques. Ce qui signifie, en clair, que l’artiste doit se soumettre à l’État, qui est l’émanation de (...)

Pour une télévision qui permette au peuple de discuter avec le peuple

Entretien avec Thierry Deronne, cinéaste et universitaire belgo-vénézuélien

Repenser Plaisir visuel et cinéma narratif à l’ère des changements de technologie, par Laura Mulvey

Regarder des films hollywoodiens au ralenti renforce ces oppositions tout en les mettant à mal. La ligne narrative tend à s’affaiblir si le spectateur a la possibilité de contrôler son déroulement, (...)

Plaisir visuel et cinéma narratif, par Laura Mulvey

L’origine et la nature du plaisir pris par le spectateur au cinéma, ainsi que la manière dont la figure féminine, dans les films narratifs "classiques", est construite pour satisfaire les pulsions (...)

Et si on sécurisait nos échanges ?

Appels, SMS, réseaux sociaux... tous ces moyens d’échanges sont surveillés par les flics et pourtant nous sommes nombreux.ses à continuer de discuter de nos actions dessus. Si on changeait nos (...)


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Let’s make money

Après "We Feed the World", documentaire évènement sur notre alimentation, le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec "Let’s Make Money". Le film suit notre argent à la trace dans le système financier mondial. Ce documentaire impressionnant est le tout premier film à démonter les bases du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.


Let's Make Money (VOST) par gotti57

CRITIQUE TELERAMA

Erwin Wagenhofer : la bête noire des néolibéraux de tous poils. Après We feed the world, film-événement sur les dérives peu ragoûtantes de l’industrie agroalimentaire, le réalisateur autrichien continue sa croisade. Dans son collimateur, cette fois, l’argent, le nerf de la guerre. Annonçant la crise des « subprimes », Let’s make money démonte un à un les circuits tortueux de la finance mondiale. Des mines d’or du Zaïre au paradis fiscal des îles de Jersey, ce road-movie documentaire prend la forme d’une course-poursuite sur les traces des fonds monétaires internationaux. Que devient notre pécule une fois mis en banque ...

Après s’être attaqué aux industriels de l’agroalimentaire dans « We feed the world » en 2007, Erwin Wagenhofer revient avec un documentaire choc sur le système financier international. Une anticipation vertigineuse sur la crise actuelle, et qui résonne d’un glas d’autant plus sombre en ces temps où le sacro saint « ordre financier » est sauvé à coup de seaux d’argent fictif.
La finance est basée sur la plus grande chimère jamais créée par l’homme, et c’est cela que Wagenhofer pointe du doigt dans cette fresque du grand capitalisme, où quelques uns profitent de leurs paires avec une assurance décomplexée inimaginable afin de consolider leur empire.

Partant de la phrase « Laissez travailler votre argent », il démonte une à une toutes les façades marketing assenées par le néolibéralisme. Car comme il le rappelle, si le capital s’accroît chez nous, c’est que les dettes augmentent ailleurs : Si nous faisons travailler notre argent, c’est parce que d’autres se sacrifient pour nous. Ces pays, que l’on appelle honteusement « en développement », sont les grands amputés de notre monde contemporain : Prélevés de leurs cerveaux, pompés dans leur sol, transpirant chairs et eaux pour que les « occidentaux » puissent se divertir et partir en vacances.
Wagenhofer retourne à la base du libéralisme, sur le Mont Pellerin, là où fut décidé en 1945 la mise à mort du Keynésianisme afin de créer un nouvel ordre mondial globalisé. Quelques hommes, inspirés des théories de Von Hayek, décidèrent de tout. Certains s’enrichissent encore aujourd’hui, spéculant sur cet héritage, jouant avec des vies humaines comme l’on joue au tiercé.

La finance est une nébuleuse arachnide, qui tisse ses réseaux partout, du Ghana à la City de Londres, des marchés indiens aux côtes espagnoles, des bureaux de la maison blanches aux « assassins financiers ». Il adopte donc un montage en forme de spirale, et alterne entretiens de grands dirigeants et témoignages d’intellectuels issus de ces pays appauvris.

Le réalisateur crée une confiance telle avec ses interlocuteurs que l’on se trouve face à une vérité toute nue et très crue. A la fois pédagogique, didactique et absolument indispensable pour tous ceux qui revendiquent une conscience politique, ou souhaiteraient s’en forger une, ce documentaire donne à entendre certaines révélations déroutantes, sans manicheisme ni simplifications grossières.

Pierre d’angle dans la réflexion économique qui s’engage actuellement, voici un film clair sur un monde que l’on tente de rendre volontairement complexe, l’opacité étant la principale arme de ces seigneurs de l’ombre, qui contrôlent tout sans jamais s’impliquer directement. Les marchés financiers ont créé une nouvelle forme de guerre impérialiste sournoise (car cachée), que perce à jour Wagenhofer, nous donnant le terreau nécessaire pour les luttes à venir : une conscience collective.

L’argent travaille ! Dur !

Ce documentaire nous montre les conditions de travail de l’argent.
Le traitement du film est à l’image du sujet, ardu. Le réalisateur présente, face caméra les témoignages des nombreux acteurs de l’économie mondiale. Du paysan burkinabé dans son champ de coton, au pape des fonds de pensions, un vieux monsieur qui lit la presse économique en faisant sa gym quotidienne. Les deux extrêmes de l’économie et toutefois, ils transpirent tous les deux.

Pour travailler, l’argent a besoin de cynisme :
« Le meilleur moment pour acheter, c’est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c’est le vôtre. »

Un cynisme que l’on retrouve à chaque rouage de la machine économique :

- le pillage des matières premières des pays émergeants organisé et mis en musique par la banque mondiale,

- le pillage des secteurs d’activité contrôlés par la collectivité (dans le film, l’exemple du tramway de Vienne. En France, nous avons le bradage des sociétés d’autoroute, la privatisation prochaine d’EDF, la privatisation de la pub télé...),

- le mépris de la personne : avec les transferts d’entreprises en Inde, le pouvoir d’achat a augmenté, du coup la croissance des prix va flamber. « On ne peut pas se permettre d’être généreux, il faudra que les ouvriers fassent des efforts. Des heures supplémentaires, sans être payés. » ; le coût d’un ouvrier y est de 250 € par mois,

- le mépris de la collectivité : une partie des bénéfices des sociétés est dissimulée à l’imposition et se retrouve de façon anonyme réinjecté dans le système dans les paradis fiscaux. Officialisé, et imposé à 30%, cet argent permettrait à chaque pays du monde de bénéficier d’un budget annuel de 250 milliards de dollars. Pour résoudre les problèmes de la faim et de la santé sur la planète ?

Le film est un constat. Il n’offre pas de solution, et on en sort révolté. Il a été réalisé avant la crise financière actuelle, et nous fait comprendre le ridicule des décisions du dernier G20 demandant à ceux qui ont rendu le système immoral, de maintenant le moraliser.



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