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Pour une télévision qui permette au peuple de discuter avec le peuple

Entretien avec Thierry Deronne, cinéaste et universitaire belgo-vénézuélien

Repenser Plaisir visuel et cinéma narratif à l’ère des changements de technologie, par Laura Mulvey

Regarder des films hollywoodiens au ralenti renforce ces oppositions tout en les mettant à mal. La ligne narrative tend à s’affaiblir si le spectateur a la possibilité de contrôler son déroulement, (...)

Plaisir visuel et cinéma narratif, par Laura Mulvey

L’origine et la nature du plaisir pris par le spectateur au cinéma, ainsi que la manière dont la figure féminine, dans les films narratifs "classiques", est construite pour satisfaire les pulsions (...)

Et si on sécurisait nos échanges ?

Appels, SMS, réseaux sociaux... tous ces moyens d’échanges sont surveillés par les flics et pourtant nous sommes nombreux.ses à continuer de discuter de nos actions dessus. Si on changeait nos (...)

Quelques trucs indispensables pour limiter les informations que l’on disperse sur Internet

Il ne s’agit pas de se rendre invisible, anonyme sur Internet, mais de prendre quelques mesures, rapides et faciles, de réduire les informations livrées à des entreprises, à limiter son « profilage », (...)

Tzvetan Todorov – Face au mal, imiter ou refuser

Si on hait l’ennemi comme il vous hait, on ne fait que renforcer le mal dans le monde. L’un des pires effets de cette occupation, de cette guerre, c’est que les victimes des nazis commencent à (...)

« L’autre », des deux côtés. Entretien avec Jean-Louis Comolli

Aujourd’hui, la télévision remplace le zoo. On n’a plus besoin d’aller voir les vrais animaux.

Entretien avec Roman Polanski - 1963

Montrez les conflits résolus en toute justice, et tout le monde sortira satisfait et dira : « Tout va bien ». Montrez l’injustice et vous rendrez les gens (...)

Rien ne nous est donné, un film sur l’action collective

La grève, qu’elle soit victorieuse ou non, constituait un moment vécu en commun. C’est aussi le fil conducteur du film : l’idée de l’action collective.

Collectif Ogawa : Notre caméra sera en première ligne pour recevoir les coups

Les documentaires épiques du collectif japonais Ogawa Productions, réuni autour du cinéaste Shinsuke Ogawa (1936-1992), sont peut-être les films les plus extraordinaires jamais tournés sur le combat (...)

Le Nutella et l’image des foules

Événement anticipable, l’ouverture des soldes fournit à la fois un sujet pittoresque par son action spectaculaire, une peinture sociale de la modernité et l’occasion d’une condamnation morale à peu de (...)

Henri Alekan, Chef opérateur de cinéma. Syndicaliste CGT. Socialiste et pacifiste. Résistant.

Henri Alekan fut sensible aux problèmes sociaux de sa profession et, en créant en 1932 le Groupement des assistants opérateurs, il jeta l’une des bases du Syndicat des techniciens de la production (...)

A propos du film "Septembre Chilien" : Tournage au Chili

Comment rendre compte par un film, tourné en quelques jours juste après le coup d’Etat du 11 septembre, des blessures, des deuils, des disparitions, des rumeurs, vécus par des centaines de milliers (...)

Vladímir Vissotsky et le zastoi

Sans doute, Vissotsky a représenté son peuple d’une manière véridique, et c’est pourquoi après sa mort il continue d’être le poète le plus apprécié et sa voix aguerrie continue encore de (...)

Le film The Square : entre idiots déclarés et vie réelle

L’excentricité se lasse d’elle même, elle a besoin d’un art au niveau de sa négligence intellectuelle, quelque chose qui ne provoque pas de conflit, des bouffons qui nettoient l’incommodité du (...)


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Mai en décembre (Godard en Abitibi)

« Le 16 novembre 1968, entre Cuba et New-York, Godard et Anne Wiazemsky sont à Montréal, pour les ‘Dix jours du cinéma politique’ [...]. Il y prépare également un autre projet, une expérience de télévision libre en Abitibi [...] Il se rend avec Anne Wiazemsky dans le grand nord du Québec à la mi-décembre 1968 [...] mais l’expérience tourne court dès que le couple s’aventure à l’extérieur, où le blizzard souffle par moins 25 degrés [...]. Le quatrième matin, Godard dit simplement à sa femme : « On rentre ». Accompagnés par Claude Nedjar ils quittent Noranda, reviennent à Montréal , d’où ils prennent l’un des premiers avions pour Paris ».
Citation de : Antoine de Baecque, Godard : biographie, Paris : éditions Grasset, 2010, pp. 440-441. Photographie : Guy Borremans.

Jean-Luc Godard en Abitibi

L’un des plus grands maîtres du septième art – figure importante de la Nouvelle Vague française – Jean-Luc Godard, a foulé le sol enneigé de l’Abitibi, en plein mois de décembre, en 1968­. C’est ce que nous apprend ce documentaire pour le moins surprenant de la réalisatrice Julie Perron.

Mai en décembre (Godard en Abitibi) par Julie Perron, Office national du film du Canada

Mai en décembre (Godard en Abitibi) par Julie Perron, Office national du film du Canada
Julie Perron, 2000, 25 min 50 s

Ce court métrage documentaire raconte le passage du cinéaste Jean-Luc Godard à Rouyn-Noranda, en décembre 1968. Quelques mois plus tôt, en mai 1968, la France est secouée par des manifestations populaires et une poignée de cinéastes en colère interrompt le Festival de Cannes. Au Québec, la montée du nationalisme conduit à des affrontements au cours des festivités du 24 juin. C’est dans ce contexte que l’on organise « Les dix jours du cinéma politique » au Cinéma Verdi, à Montréal, qui accueille Jean-Luc Godard, auréolé du succès de ses films À bout de souffle (1959) et Pierrot le fou (1965). Loin de s’en tenir à des rencontres avec ses admirateurs, le cinéaste caresse un projet. Accompagné d’une équipe de cinéastes français et canadiens, il ira à Rouyn-Noranda, où la télévision lui donne carte blanche, et y fera la révolution...

Ce film est issu de la série Libres courts, qui rassemble des premières œuvres courts métrages documentaires.


Mais qu’était venu faire le célèbre cinéaste français dans notre coin de pays ?
De Paris à Rouyn-Noranda, en passant par Montréal

En mai 1968, un mouvement de contestation populaire éclate dans les rues de Paris. Au même moment, à Cannes, des cinéastes font pression pour avorter le célèbre festival de cinéma et se rendre à Paris pour être témoin des manifestations, qui s’annoncent déjà historiques. Jean-Luc Godard fait partie des cinéastes qui sonnent l’alarme : « Nous sommes déjà en retard », et qui demandent l’arrêt du Festival de Cannes « par solidarité avec les étudiants et les ouvriers ».

Au même moment, au Québec, la montée du nationalisme conduit à des affrontements lors des festivités du 24 juin 1968. Surnommée le « Lundi de la matraque », une émeute est déclenchée à la veille d’une élection fédérale lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal. Les affrontements violents entre les manifestants et les policiers feront 125 blessés.

C’est dans ce climat que l’on organise « Les 10 jours du cinéma politique » au Cinéma Verdi, à Montréal, qui accueille Jean-Luc Godard, auréolé du succès de ses films À bout de souffle (1959) et Pierrot le fou (1965). Loin de s’en tenir à des rencontres avec ses admirateurs, le cinéaste de la Nouvelle vague caresse l’idée d’un projet.

Peu de temps après, il se rend à Rouyn-Noranda, où la télévision locale lui offre carte blanche, et prépare une série de 10 reportages avec l’aide d’une équipe de cinéastes français et canadiens. À ce moment, Godard rêve d’ouvrir le médium de la télévision, « contrôlé par 2% de la population », et de le rendre plus accessible à ceux qui en sont généralement exclus, c’est-à-dire les étudiants, les ouvriers et les militants politiques.

Enthousiaste, l’équipe de cinéastes se met à l’ouvrage sans trop savoir quoi faire. Ce manque de direction se fait sentir : la série verra le jour et sera vivement critiquée autant pour la piètre qualité de ses images que de son contenu. « Le fond de la médiocrité venait d’être atteint », écrit le journal La Frontière à l’époque. Quelques jours plus tard, Godard quitte la ville sans avertir qui ce soit.

Malgré tout, le passage du cinéaste français aura marqué cette ville minière du Nord du Québec et influencé la création d’un nouveau poste de télévision communautaire francophone. Godard aura permit à la population de Rouyn-Noranda de se réapproprier le médium de la télévision à une époque de grands changements au Québec, celle de la Révolution tranquille.

Un petit pas pour le cinéaste… Un grand pas pour la démocratisation des médias.

par Catherine Perreault
Source : ONF



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