Articles

Mariam Sankara : Rendez enfin justice à Thomas Sankara !

L’assassinat du Président Sankara et de ses compagnons, le 15 Octobre 1987, a interrompu une expérience de développement originale et prometteuse de l’histoire de l’Afrique (...)

La croisade de Ninoska

Cette tempête dans un verre d’eau est de toute façon franchement ridicule : qui donc achète encore des timbres en Irlande, à part quelques collectionneurs nostalgiques du courrier papier et timbré (...)

Frei Betto : Lettre ouverte à Ernesto Ché Guevara

Permettez-moi de vous dire, même au risque d’apparaître ridicule, que le véritable révolutionnaire est guidé par des sentiments d’amour. Il est impossible de penser à un véritable révolutionnaire sans (...)

Lettre ouverte à ma soeur Angela Davis, par James Baldwin - 1970

Je grandissais en voyant chaque samedi soir des Noirs s’entretuer sur Lenox Avenue. Personne ne leur expliquait - ou ne m’expliquait à moi - que cela était délibérément (...)

Joane Florvil, mort brutale d’une migrante Haïtienne au Chili

Lors de son arrestation, Joane Florvil a en vain tenté d’expliquer son histoire aux policiers qui ont refusé de l’entendre, ni de faire appel à un interprète.

Cinq choses à rappeler sur le référendum en Catalogne

La Catalogne n’a pas le droit d’imposer la sécession à l’Espagne. L’Espagne n’a pas non plus le droit d’imposer l’unité à la Catalogne.

Le Maroc vu du ciel ou... Quand Yann Arthus Bertrand fait disparaître le Sahara occidental

Les personnes qui défendent l’auto-détermination du Sahara occidental sont fréquemment l’objet d’arrestations, de tortures et de mauvais traitements.

Le Parlement européen censure des caricatures grecques

La moitié des caricatures de dessinateurs grecs qui devaient être exposées au Parlement européen à l’occasion du 60ème anniversaire de l’Union européenne, a été interdite. Les organisateurs et les (...)

Irma n’a pas brisé les barreaux de la prison d’Ana Belén Montes

une nouvelle initiative pour Ana Belen Montes, symboliquement importante et humainement nécessaire, dans ce parcours de lutte où l’impérialisme US se comporte comme l’ogre impitoyable qu’il est (...)

Bello Ciao : G8, Gênes 2001

Dix ans plus tard, les auteurs de cette bande dessinée donnent la parole aux amis de Carlo Guiliani, à sa sœur et à ses parents. Ils racontent qui était ce jeune homme, engagé et dévoué, sincère et (...)

Pour le retrait du buste de Roger Nols

Schaerbeek doit tourner la page de cette sombre histoire et symboliquement retirer le buste de ce raciste patenté. Il n’y a aucune raison de le laisser trôner dans l’Hôtel (...)

Forces Murales… des forces du passé pour les luttes d’aujourd’hui

Forces Murales est un collectif fondé en 1947 par Edmond Dubrunfaut, Louis Deltour et Roger Somville, ils publient un manifeste pour faire « un art public exaltant la vie et le travail des hommes, (...)

Argentine : droite autoritaire

Peut-être la flambée de révolte est-elle aussi due au fait que ce n’est pas à un Mapuche que la gendarmerie a donné la chasse, mais à Santiago, un garçon tatoué avec des dreadlocks, à la recherche de (...)

Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète

Slavoj Žižek : La culpabilisation des individus occulte les véritables causes de la destruction de la planète : le capitalisme et les États-nations.

Si nous voulons vivre hors la loi des meurtriers

Il est inutile de se demander d’où vient cet acharnement des réactionnaires à vouloir supprimer les poètes. N’est-il pas la meilleure preuve de l’efficacité de leurs écrits, lorsque, sous la pression des (...)


Accueil du site > FR > Articles

Mons 2015 : une politique de la démesure ?

Beaucoup se souviendront de l’allocution d’un Elio Di Rupo vantant son fief à la tribune de l’ONU. Devant un parterre de dignitaires interloqués (Didier Reynders en tête), le bourgmestre lançait alors un cri du cœur : « Je viens de Mons », rappelant l’accession prochaine de sa cité au rang de capitale européenne de la culture. Depuis, plus personne n’eut loisir d’échapper à l’enrôlement des festivocrates autour de cet événement attendu tel une révolution culturelle au sud du pays. « Je suis montois, et toi ? ».

En ces temps d’hystérie monothéiste, un détour par la Grèce païenne offre des avantages inespérés quant à l’interprétation de cette actualité politico-festive imminente. Alors que les sagesses antiques ignoraient la notion de péché tel que nous le concevons suite à notre héritage judéo-chrétien, de nombreux récits mythologiques nous renseignent sur une faute morale épinglée par les sociétés polythéistes : l’Hybris, ce mouvement fautif de dépassement des limites. Une démesure souvent sanctionnée par Némésis (déesse de la juste colère des dieux).

Ainsi, l’épisode du Mikado bancal d’Arne Quinze aurait jadis mis la puce à l’oreille à nos ancêtres d’Attique ou de Béotie. Arne Quinze, ce nouveau Sisyphe de l’art contemporain, condamné à reconstruire – sans cesse – une nouvelle structure avant que celle-ci ne s’écroule à son tour.

Cette séquence burlesque accompagnant le lancement de Mons 2015 ne constitue pourtant qu’un exemple parmi tant d’autres. Némésis, cette rabat-joie briseuse de fête (briseuse de grève en pire) semble en effet s’acharner sur la cité du Doudou. Les coups du sort se succèdent ; le musée des Beaux-Arts de Mons (BAM) connaît un retard de cinq semaines, mettant en péril l’exposition inaugurale consacrée à Vincent Van Gogh. Une tuile venant s’ajouter au destin de la future gare-dragon (ou libellule) de Mons dessinée par l’architecte espagnol et habitué de la SNCB Santiago Calatrava, dont l’inauguration est d’ores et déjà reportée au plus tôt à 2017. Les visiteurs de Mons 2015 se consoleront avec l’habillement en lampes LED de la passerelle provisoire vers la ville – un plafond recouvert d’écrans diffusant couleurs et formes abstraite, sorte de mise en abyme de l’abstraction principale : la gare elle-même.

Pris de fièvre monumentale, les autorités estimèrent en outre judicieux de faire appel à deux célèbres « marques » parmi les bâtisseurs contemporains. À côté de Calatrava – déjà cité – Daniel Liebeskind signant le nouveau Centre des congrès « aussi majestueux qu’un navire à l’assaut des flots » d’après l’hagiographie officielle. « Les deux architectes […] ne sont autres que ceux qui œuvrent au même moment à la reconstruction du Ground Zero, à New York ». Grâce aux franchises mondialisées de l’architecture, Mons se hisserait ainsi au niveau du Big Apple.

Cette politique de l’esbroufe éphémère et des cicatrices urbaines durables témoignerait d’une ville livrée aux politiques hybriques, ayant perdu le sens des réalités. C’est d’ailleurs la philosophie même des capitales européennes de la culture qui fut pointée du doigt dans une désormais célèbre diatribe du Guardian : « le principe des capitales européennes de la culture encourage les bourgmestres à rêver à des grands bâtiments dont ils n’ont pas besoin et qu’ils ne peuvent se permettre. L’article souligne, non sans une pointe de sarcasme, que les habitants seraient davantage enthousiasmés par l’arrivée du géant suédois de l’ameublement low-cost Ikea. Des considérations sans-doute bassement terre-à-terre, à mille lieues des projets d’élus esthètes et visionnaires, auxquelles s’ajoute la constatation d’un centre-ville à l’abandon.

Or, le recours aux starchitectes s’inscrit en réalité dans une stratégie de place-branding (marketing territorial) dans laquelle le projet architectural n’est pas appréhendé comme l’objet d’une démarche de conception répondant à un besoin réel, mais plutôt comme une stratégie marketing globale.

À travers Mons 2015, c’est à l’échelle de la ville et de son hinterland (la « grande-Dirupie ») que s’opère le processus de mise-en-marque. Une stratégie risquant au passage de concurrencer les efforts de branding entrepris par la Région wallonne (parmi ceux-ci : la marque Wallonia.be lancée en 2013, alors présentée comme « vecteur de mobilisation et de cohérence dans le cadre de la visibilité de la région, qu’elle soit économique, touristique ou culturelle »).

Derrière Mons 2015, les attentes sont donc immenses. Peu connue au-delà de nos frontières, l’objectif économique et politique est de faire figurer durablement la cité du Doudou sur la mappemonde des investisseurs et touristes culturels étrangers. Après Google, IBM et Microsoft, qui offrent déjà un parfum de globalisation à la Digital Innovation Valley montoise, les pointures « bankables » de l’architecture doivent apposer un sceau de crédibilité au statut de pôle culturel mondial rêvé par cette ville de moins de 100.000 âmes.

Mais ce boost de notoriété offert par l’éphémère statut de capitale européenne suppose une offre culturelle anticipant sur une réelle demande locale et étrangère. En tournant la page des couacs initiaux, les autorités montoises devront ainsi rapidement étouffer les soupçons d’Hybris en vérifiant le bien-fondé des investissements avant que Némésis ne fasse rétracter les fervents bâtisseurs à l’intérieur des limites franchies, laissant alors le champ libre à Momos – divinité mineure de la raillerie.

Nicolas Baygert
Source de l’article : Blog de la revue nouvelle



Suivre la vie du site fr    ?


Site réalisé avec SPIP