Formations

Captation multicaméra au festival des libertés 2019

14.10 > 27.10 // Cet atelier est idéal pour s’initier dans la pratique. Après une courte initiation au matériel et au dispositif multicaméra nous aurons l’occasion de capter les débats organisés dans (...)

La Permanence video des luttes sociales

Septembre > décembre 2019 // Suite à l’expérience cumulée et aux retours des participants, nous proposons cette année un espace d’atelier supplémentaire, hebdomadaire et (...)


22 octobre 2019

Débat : L’ordre sans le progrès

20h15 Théâtre National. Bd Émile Jacqmain 111-115. 1000 (...)

24 octobre 2019

Débat : Solutions... démocratiques pour un désastre écologique ?

20h15 Théâtre National. Bd Émile Jacqmain 111-115. 1000 (...)

26 octobre 2019

Débat : Politiques sociales : chaos organisé ?

15h Théâtre National. Bd Émile Jacqmain 111-115, 1000 Bruxelles

26 octobre 2019

Débat : Luttes sociales hors cadre

18h Théâtre National. Bd Émile Jacqmain 111-115, 1000 Bruxelles

26 octobre 2019

Débat : L’ordre sans le pouvoir

20h45 Théâtre National. Bd Émile Jacqmain 111-115, 1000 (...)

27 octobre 2019

Marche blanche pour Mehdi

14h-18h Place De Brouckère 1000 Bruxelles

28 octobre 2019

Rassemblement pour la libération de Julian Assange

les lundis 14, 21 et 28 octobre de 17 à 19h sur la place de la (...)

29 octobre 2019

Communiquer avec les médias

18h Maison de la Paix. 35 rue van Elewyck, 1050 Bruxelles

4 novembre 2019

Médias et « sans-papiers »

19h > 21h // Cinéma Palace, Boulevard Anspach 85, 1000 Ville de (...)

5 novembre 2019

Filmer « sur » et « avec » les « sans-papiers »

19h > 21h // Cinéma Palace, Boulevard Anspach 85, 1000 Ville de (...)


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Résister à la tentation pédagogique pour penser le racisme d’une façon politique

“Le racisme (…) n’est qu’un élément d’un plus vaste ensemble : celui de l’oppression systématisée d’un peuple." "L’un des paradoxes rapidement rencontré est le choc en retour de définitions égocentristes, sociocentristes." " (...) le racisme est bel et bien un élément culturel. Il y a donc des cultures avec racisme et des cultures sans racisme." "Il nous faut chercher, au niveau de la culture, les conséquences de ce racisme."
Frantz Fanon - Culture et racisme

Fanon explique comment le projet raciste est hanté par la mauvaise conscience en tant qu’engagement passionnel. Le racisme n’est pas un élément surajouté aux éléments culturels d’un groupe, bien plus c’est l’ensemble culturel qui est profondément remanié par l’expérience du racisme.

C’est ainsi que la chanson De Kongo (Léopoldville, 1926) est un élément de cette culture coloniale et de l’oppression systématique du peuple congolais. Et l’on ne combat pas l’oppression et ses brutalités par l’éducation ou la déconstruction des préjugés, ni même par la seule déconstruction de la propagande coloniale. Bien plus, comme nous y invite Fanon, il faut rechercher les répercussions du racisme à tous les niveaux de la sociabilité.

Il n’y a ni libération de la parole raciste ni retour du racisme car celui-ci n’a jamais disparu. Ce que montre Fanon c’est que s’il y a une transformation des formes du racisme, ce n’est pas en tant que travail de la conscience mais bien en tant qu’effet de l’évolution des formes d’exploitation. En effet, les formes du racisme, c’est-à-dire l’idéologie raciste est toujours d’abord le signe de l’exploitation. Or le problème le plus important avec tous ces discours autour de la décolonisation des mentalités, c’est qu’ils émanent de l’idéologie démocratique et humaniste, celle des éducateurs qui aiment à penser le racisme comme une chose déliée des formes d’exploitation pour ne pas avoir à se situer eux-même depuis l’ordre racial.

L’antiracisme humaniste qui comme le montre très bien Fanon résulte du choc et du souvenir du nazisme après-guerre (voir aussi Colette Guillaumin, L’idéologie raciste) possède une définition morale du racisme sans prise sur les rapports de domination. Or les jeunes flamands qui ont chanté la chanson De Kongo ne sont ni des abrutis ni des illettrés. Ce sont des sujets socialisés au racisme comme une part importante des Belges blancs, des sujets fabriqués à partir d’une culture raciste. C’est la même erreur qui consiste à faire des Nazis des crétins sans éducation et à ne pas prendre en considération les effets de la révolution culturelle nazie. D’ailleurs, dans cette affaire, on peut voir comment les agresseurs usent dans leurs témoignages (quasiment d’emblée) de catégories juridiques qui visent à les prévenir d’une qualification d’incitation à la haine. Les témoignages ressemblent d’ailleurs assez fort aux témoignages dont sont coutumiers les policiers après un homicide afin d’instruire leur caractère involontaire. C’est-à-dire qu’ils sont produits par des avocats qui anticipent d’emblée les risques de condamnation.

Il n’existera pas de point de vue en surplomb sur notre société gangrenée par le racisme à partir duquel on pourrait rééduquer les mauvais sujets coloniaux. Notre société est raciste, le racisme y prolifère en se métamorphosant et en se répétant parce que nous vivons dans une société capitaliste néo-libérale, c’est-à-dire dans une société qui est structurée sur et par l’exploitation. Fanon nous invite à une lutte totale et sans trêve contre cet ordre, une lutte dont le ressort est la transformation radicale des formes d’oppression et des moyens de production de l’ordre racial.

D’ailleurs la double réaction de Zual Demir et de Theo Francken montre clairement que le libéralisme autoritaire (NVA) se satisfait très bien des injonctions à décoloniser les mentalités car ça lui permet de relativiser et d’euphémiser les actes racistes en tant que tel et d’ainsi jeter le discrédit sur les victimes. D’un côté, Zual Demir valide l’hypothèse de la définition du racisme comme un problème d’éducation et en tant que ministre en charge des institutions scientifiques fédérales rencontre et invite les agresseurs à une visite "décoloniale" du musée de Tervuren. De l’autre côté Theo Francken peut insulter les victimes et signifier qu’elles sont peut-être en fin de compte responsables de leur agression.

Martin Vander Elst
Reproduit de sa page facebook (avec son aimable autorisation), jeudi 23 août 2018



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