Documents

Le problème
 des musées – Paul Valery

Je crois bien que l’Égypte, ni la Chine, ni la Grèce, qui furent sages et raffinées, n’ont connu ce système de juxtaposer des productions qui se dévorent l’une (...)

Rencontre avec Yorgos Lanthimos

J’aime pousser les gens à penser différemment et à expérimenter de nouvelles choses.

Les femmes crèvent l’écran

Lorsque les femmes s’emparent de la caméra à l’époque de la « deuxième vague », elles révolutionnent le cinéma.

Gilles Deleuze, le cours

Deleuze : « C’était pour moi, m’a-t-il répondu, un laboratoire, une forme d’expérimentation plus que l’exposé d’un savoir. Vous n’auriez donc rien appris, sauf à entrer dans les difficultés de la pensée (...)

Partager les risques... Entretien avec Florent Marcie

Comment filmer la guerre ? Cette question guide le cinéaste Florent Marcie depuis près de vingt ans. En immersion au plus près des combattants, sa quête l’a mené en Tchétchénie, en Afghanistan, en (...)

Tout oreille

Le vrai problème avec le son, c’est la tendance à l’accumulation (...) Avec le numérique, les pistes se sont multipliées de manière exponentielle. Antoine Bonfanti disait : « Pas plus de pistes que je (...)

Autour de Jean Rouch. Les Maîtres fous.

Par ce passage inattendu du rituel au politique, l’Autre s’est infiltré dans notre culture même, la remettant en question avec un fracas grandissant.

Chris Marker : L’humour est la politesse du désespoir

Lorsque Chris Marker est mort en juillet 2012, à l’âge de 91 ans, c’est à son film La Jetée que l’on a pensé. Réalisé en 1962 à partir de photographies accompagnées d’un commentaire lu par Jean Négroni et (...)

Du document au récit... ou comment déjouer le piège de l’évidence

La sélection de l’expression d’un portrait en fonction de l’angle de l’article, souriant s’il est approbateur, soucieux s’il est critique, constitue le B.a.-ba de l’illustration (...)

Chris Marker et l’Amérique latine : cinéma militant et circulation des idées politiques

Marker établit souvent des parallèles entre ces processus et la situation politique de son propre pays, il s’en sert pour penser de possibles chemins vers le (...)

Chris Marker : un regard sur le Chili

Le réalisateur évoque son intérêt pour le Chili pendant le gouvernement de l’Unité populaire, ainsi que les films sur ce pays auxquels il a participé après le coup d’État de (...)

Mélancolie ouvrière : Mordillat critique les critiques !

Gérard Mordillat revient sur la réception « critique » de son film, diffusé en août 2018 par ARTE. « Cette abdication manifeste de tout sens critique est ravageuse dans la mesure où elle propage l’idée (...)

Extraits choisis du livre : Le Nazisme et la culture, de Lionel Richard

Goebbels insiste bien sur l’idée que la liberté en art n’est autre que celle d’obéir aux principes politiques. Ce qui signifie, en clair, que l’artiste doit se soumettre à l’État, qui est l’émanation de (...)

Pour une télévision qui permette au peuple de discuter avec le peuple

Entretien avec Thierry Deronne, cinéaste et universitaire belgo-vénézuélien

Repenser Plaisir visuel et cinéma narratif à l’ère des changements de technologie, par Laura Mulvey

Regarder des films hollywoodiens au ralenti renforce ces oppositions tout en les mettant à mal. La ligne narrative tend à s’affaiblir si le spectateur a la possibilité de contrôler son déroulement, (...)


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Stratégies documentaires, par Ignacio Ramonet

La télévision est, on le sait, une machine à fictions. Les images s’y structurent en récit, s’organisent en fable et semblent constamment relever davantage de l’imagination mythique que de la réalité. La confusion entre vérité et naturalisme, lyrisme et emphase, ne cesse de s’aggraver et renforce l’impression générale de mensonge et d’obscénité. Le genre documentaire, aujourd’hui définitivement expulsé des salles, n’échappe guère à cette règle ; la télévision étant devenue son unique voie de diffusion, il se plie d’autant plus servilement aux lois télé-fictionnelles et y perd sa fonction centrale de révélateur sensible du réel.

Par l’abus des techniques du cinéma direct (prises de son et d’images synchrones), le documentaire est devenu un genre platement journalistique, dont abusent sans talent tous les sociologues d’occasion. Dans son versant militant, ce genre se prête aussi à de faciles manipulations idéologiques ; les images s’enlisent alors dans le pathétique et se soumettent au commentaire (le « comment taire »), qui étouffe l’éventuelle polyphonie et leur impose une signification univoque, autoritaire, comme Chris Marker l’a magistralement démontré dans sa Lettre de Sibérie (1958).

Ainsi, de plus en plus détourné, altéré, frelaté, le style documentaire n’est guère, de nos jours, travaillé que par quelques cinéastes « maudits » ; ceux-ci s’obstinent à filmer l’infilmable, afin de nous révéler les sens cachés au coeur du réel. Si leurs films servent à instruire, c’est non seulement sur la réalité qu’ils illustrent mais aussi sur leur propre sensibilité et sur l’art cinématographique lui-même.

Agnès Varda, Jean-Marie Straub, Danièle Huillet et Johan Van der Keuken sont, à divers titres, des cinéastes exemplaires. Leur stratégie documentaire consiste précisément dans le fait que tous les quatre résistent aux facilités du tournage léger, contrôlent le vertige et l’accélération de la prise de vue, et osent arrêter la coulée des plans sur les contours étudiés, harmonieux, équilibrés d’un cadre filmique qui vient ponctuer, le temps d’une méditation, l’avancée rigoureuse d’un processus de compréhension (à cet égard, les longs plans fixes de Straub-Huillet sont légendaires).

Ils pratiquent un cinéma décapé de tous les lyrismes faciles, de tous les effets poisseux des faiseurs d’images. Parmi les cinéastes herméneutes cherchant dans les brisures des sociétés des images cohérentes afin de comprendre et expliquer le sens du monde ou de l’histoire, ceux dont il est question ci-dessous sont certainement les plus passionnants. Leur probité, leur rectitude et le serré de leur réflexion politique et filmique s’accompagnent d’une telle élégance, d’une telle beauté de la représentation que l’oeil et l’esprit en demeurent ravis, excités, épanouis.

Ignacio Ramonet
Directeur du Monde diplomatique de 1990 à 2008.
Source de l’article : LMD, Mai 1982, page 25



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