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27 juillet 2017

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28 juillet 2017

Mass critique Bruxelles

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22 août 2017

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26 août 2017

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28 septembre 2017

Droit à l’avortement pour toutes !

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28 septembre 2017

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2, 3 et 4 novembre. Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe

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3 novembre 2017

3 et 4 novembre. Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe

09h Grande Salle de la Maison du Peuple de Saint-Gilles, Parvis (...)


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Turquie : Deux profs victimes des purges au seuil de la mort

Nuriye Gülmen et Semih Özakça sont en grève de la faim depuis 104 jours. Pour le journaliste belge d’origine turque Bahar Kimyongür, ils incarnent la résistance à Erdogan.

C’est un appel au secours un peu désespéré que viennent de lancer les amis de Nuriye Gülmen et Semih Özakça. Ces deux enseignants, licenciés lors des purges anti-fonctionnaires du régime islamiste de Recep Tayyip Erdogan, sont en grève de la faim depuis le 11 mars à Ankara. Alimentés uniquement de vitamines et d’eau salée ou sucrée, Nuriye et Semih sont dans un état extrêmement préoccupant, ont averti la semaine dernière le Centre Europe tiers-monde (CETIM) et l’Association internationale des juristes démocrates au Palais des Nations.

Les deux associations ont saisi plusieurs experts du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, afin, écrivent-elles, que ceux-ci « prennent toute initiative nécessaire d’urgence afin de sauver la vie de ces deux défenseurs des droits fondamentaux ».

Incarcérés depuis le 23 mai

Comme des dizaines de milliers d’autres enseignants, Nuriye Gülmen et Semih Özakça ont perdu leur emploi, accusés d’avoir soutenu le coup d’Etat manqué de juillet, que le gouvernement attribue à la confrérie Gülen. Respectivement professeure de littérature et instituteur, ils n’ont pas accepté leur licenciement et se battent depuis afin d’être réintégrés, malgré l’absence de recours possible.

Frappés, arrêtés, détenus à de nombreuses reprises, en dépit du caractère pacifique et symbolique de leurs actions, Nuriye Gülmen et Semih Özakça ont fini par entamer un jeûne de protestation publique le 11 mars dernier à Ankara, devenant le symbole et le point de ralliement, régulièrement dispersé, du combat des fonctionnaires limogés par le régime islamiste. Du moins, jusqu’à leur incarcération, le 23 mai dernier, sous prétexte de « liens avec une organisation terroriste ».

Désormais à l’abri des regards, « les deux grévistes peuvent mourir à tout moment », alertent les deux ONG. « Ainsi, après avoir perdu leur travail, leur santé et leur liberté, ils sont sur le point de perdre leur vie. »


Pour le journaliste belge d’origine turque Bahar Kimyongür, Nuriye Gülmen et Semih Özakça, les deux professeurs en grève de la faim depuis 104 jours, sont devenus pour des millions de Turcs le symbole de la résistance au contre-coup d’Etat commis par le président Erdogan.

Quelle est l’importance du combat de Nuriye Gülmen et Semih Özakça ?

Bahar Kimyongür : Ils font partie d’une poignée de militants héroïques qui affrontent le pouvoir arbitraire. Nuriye et Semih sont deux et en même temps représentent 200 000 fonctionnaires licenciés. Voire carrément cette moitié des Turcs qui s’oppose, scrutin après scrutin, aux projets du président.

Pourquoi sont-ils si importants ?

Leur détermination en a fait des personnages incontournables. Tout a commencé avec Nuriye. Dès son licenciement, elle s’est rendue au centre d’Ankara, devant un monument où l’on voit une femme assise lire la Déclaration des droits humains, avec une simple pancarte : « Je veux récupérer mon travail ». Arrêtée, tabassée, elle revient faire son sit-in le lendemain. La police l’expulse à nouveau, mais Nuriye retourne irrémédiablement au pied du monument. D’autres fonctionnaires licenciés vont alors la rejoindre, dont Semih. Il y a aussi Acun Karadag, dont le cœur est devenu fragile après avoir été tabassée par la police, car elle était retournée enseigner devant son établissement. Ou encore le sociologue licencié par le Ministère de la famille, Veli Saçilik, amputé d’un bras en juillet 2000, après un assaut militaire contre la prison de Burdur.

Tous les jours, cette poignée de fonctionnaires refusant l’arbitraire de leur licenciement sont frappés et gazés. En mars, Nuriye et Semih décident d’entrer en grève de la faim, entourés d’un soutien populaire grandissant.

Ont-ils des soutiens politiques ?

Oui, par exemple, le Parti républicain du peuple, principal mouvement d’opposition à Erdogan, les soutient. Quelques députés ont mené un jour de grève à leurs côtés et trois-quatre ont même franchi symboliquement la barrière que la police a fini par installer autour de la statue pour tenter de décourager les protestataires.

Nuriye et Semih sont désormais incarcérés…

Oui, et c’est extrêmement grave. Ils sont emprisonnés, accusés de terrorisme ! C’est la première fois qu’une grève de la faim est assimilée à du terrorisme. Mais Erdogan est prêt à tout pour les éliminer. Ils sont trop connus, trop symboliques, la presse internationale a parlé d’eux. S’ils venaient à gagner, tout le système de purge arbitraire de l’Etat serait remis en cause.

Que faudrait-il obtenir pour que Nuriye Gülmen et Semih Özakça cessent leur jeûne ?

Leurs revendications ont évolué avec le temps. Au départ, ils exigeaient l’annulation de l’état d’urgence qui a permis de prononcer ces décrets de licenciements, véritables condamnations à mort sociales. Désormais, ils sont en prison, très affaiblis. Nuriye pèse 47 kilos ! Les battements de leurs cœurs sont faibles, ils peuvent mourir d’un moment à l’autre. Dans ces conditions, leur libération et leur réintégration pourraient suffire.

Benito Pérez (Le Courrier - Genève)
Mardi 20 juin 2017



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